« Tout le monde va être mis dehors d'ici la mi-décembre ! » Michel Wiebelskircher, le secrétaire du CE de l'entreprise Dalphimetal, à Cernay, est encore sous le choc. La nouvelle annoncée hier matin par la direction de l'équipementier automobile au cours d'une réunion extraordinaire du comité d'entreprise a surpris l'ensemble des 191 salariés de l'entreprise. « On redoutait 60 à 80 licenciements au maximum. Mais jamais on aurait pensé à une fermeture totale. Je suis même parti confiant en vacances ». Le site cernéen de Dalphimetal produit 10 000 airbags par jour pour la Peugeot 1007 et la Citroën C3. Il fournit également des volants et des pièces en magnésium pour la Peugeot 307. « Nos produits vont être fabriqués ailleurs, au Portugal, en Espagne et en Pologne. Ce n'est qu'une histoire d'argent. En délocalisant, l'entreprise gagnera davantage », estime le secrétaire du comité d'entreprise. « Notre direction nous a annoncé que le site de Cernay avait perdu 20 millions d'euros en cinq ans, un chiffre que nous contestons ».
Des reclassements en Roumanie ?
Un plan social, comprenant notamment des mesures de FNE (Fond national pour l'emploi), c'est-à-dire de compensation financière à un départ en préretraite, a été présenté hier matin par Martin Knötgen, le PDG de Dalphimetal. L'entreprise bat pavillon américain depuis 2005, année de son rachat par le groupe TRW. « Quelques propositions de reclassement en interne, en Roumanie et en Pologne ont été faites. Personne ne va accepter car c'est inacceptable ! » Résultat, selon les syndicats, la fermeture se traduira par — peu ou prou – 191 licenciements. Le député maire de Cernay, Michel Sordi, a rencontré hier les salariés et la direction de l'entreprise. « J'avais rencontré Martin Knötgen le 12 juillet à Paris pour évoquer la situation de l'entreprise que l'on savait en difficulté. L'essentiel était d'éviter la fermeture et de limiter le nombre de licenciements. Jamais il ne m'a laissé entendre qu'il y aurait une fermeture ». Au cours de l'après-midi, il a organisé une table ronde avec douze représentants du personnel, Jean-Paul Omeyer, conseiller régional et le sous-préfet de l'arrondissement, Jean-Claude Geney. « Ma première préoccupation concerne les 191 salariés. Nous allons tout mettre en oeuvre pour permettre une reconversion. Dans ce sens, je serai extrêmement attentif à ce que l'entreprise mettre les moyens pour les gens retrouvent du boulot », souligne le député maire.











