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« Je vais bien, ne t’en fais pas »,
Philippe Lioret tourne un mélodrame touchant,
porté par la lumineuse et désespérée Mélanie
Laurent.
Fin août : à son retour d’un séjour en Espagne, Lise, 19 ans, apprend par ses parents que son frère jumeau a disparu depuis cinq jours, à la suite d’une dispute avec son père. Il n’a laissé aucun message, et son téléphone portable ne répond plus.
Lise s’inquiète, sombre dans la dépression et cesse de s’alimenter, jusqu'à ce que des cartes postales de son frère lui parviennent enfin. Elle reprend espoir et tente de le retrouver...
Surtout connu pour « Tenue correcte exigée » (1997), sympathique comédie débridée devenue une valeur sûre du petit écran, Philippe Lioret donne un tour de plus en plus grave à sa filmographie.
Deux ans après « L’équipier » -déjà un mélodrame noué autour d’un secret de famille-, son cinquième long métrage est un film pudique et bouleversant, porté par des acteurs formidables.
Dans le rôle de Lise, Mélanie Laurent est au cœur du récit. Tour à tour lumineuse, désespérée, à fleur de peau, elle trouve le ton juste dans chaque scène et esquisse une performance mémorable dans la séquence de l’hôpital psychiatrique (elle a perdu huit kilos pour l’occasion).
Découverte dans « Embrassez qui vous voudrez », vue l’an dernier dans « De battre mon cœur s’est arrêté », on lui promet les plus beaux lendemains, les plus belles récompenses (un César l’hiver prochain ?).
Aux côtés de Julien Boisselier -l’ami, l’ange gardien- et d’Isabelle Renauld -dont le talent reste trop rare au cinéma-, l’humoriste Kad Merad est l’autre révélation du film, en père bouc émissaire, blessé, rongé par la culpabilité, mais qui trouve la force d’inventer un autre avenir pour sa famille...
Adaptation d’un roman d’Olivier Adam, « Je vais bien, ne t’en fais pas » évite les impasses que l’on entrevoit à plusieurs reprises, et rebondit en douceur (pas de scènes hystériques ici) pour prendre de plus en plus d’ampleur, passant du repli sur soi oppressant à la perspective d’une vie nouvelle, pour Lise comme pour ses parents, une échappatoire à cette vie de banlieue, où l’on ne communique plus (métro-boulot-dodo, soirées devant la télé de Patrick Sébastien...).
Les scènes bouleversantes se multiplient à mesure que le film progresse, donnant au film une densité émotionnelle rare dans le cinéma français. Par parenté thématique, on pense évidemment à « La chambre du fils », de Nanni Moretti.
On retiendra par ailleurs la belle partition de Nicola Piovani, ainsi que la grandiose ballade piano-voix qui hante le film, signée Simon
Buret.
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« Je vais bien, ne t’en fais pas »
(France, 1h40), de Philippe Lioret, avec Mélanie Laurent, Kad
Merad, Isabelle Renauld, Julien Boisselier.
Olivier
Brégeard
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