Alléchante, la proposition de garder au chaud les enfants le mercredi et le week-end à la maison. Quand le décret a été pris, en 1991, d'aménager les dates de la rentrée des classes, après consultation des parents d'élèves au sein des conseils d'école, l'idée primale était bien l'intérêt de l'enfant. Mais en quinze ans, la vie des familles a grandement évolué et les parents ont aussi instauré quelques dérives. « Quand on a décidé de passer à quatre jours, on s'est rendu compte que c'était plutôt bien pour les maternelles », se souvient un instituteur du Regroupement pédagogique intercommunal de Rougemont-le-Château. Son école pratique les rythmes aménagés depuis 2000 : « De toute façon, les parents ne nous les amenaient pas le samedi matin. En revanche, ça peut être discutable quand l'enfant entre en primaire ».
Les enfants ont des difficultés d'attention jusqu'au mardi midi
Autrement dit, il « déconnecte » souvent trop des affaires scolaires durant deux jours et a alors du mal à se remettre dans le bain le lundi. L'idée de se reposer deux jours de suite, le week-end, de semaines qui peuvent être lourdes, quand l'enfant fréquente cantine et garderie matin et soir, était louable. Sauf que ce fameux repos n'est pas toujours respecté par des familles qui multiplient courses, activités de loisirs, ou week-end complets à l'extérieur du domicile. Les études des spécialistes des rythmes estiment que « les enfants ont des difficultés d'attention jusqu'au mardi midi ». Les études… Elles disent le pour et le contre, selon qu'on se place du côté des parents d'élèves ou de l'Éducation nationale. « On n'a jamais trouvé de corrélation entre la semaine de quatre jours et l'efficacité à l'école », lâche un inspecteur de circonscription à l'Inspection d'académie de Belfort. En 1995, une étude réalisée par le ministère de l'Éducation nationale évoquait même une diminution « de 20 à 25 %, pour les enseignants, du temps qu'ils consacrent aux disciplines autres que le français, les mathématiques et l'éducation physique et sportive ». Pourtant, chaque année, ou tous les deux ans, lors de la consultation qui leur est remise par l'établissement de leur (s) enfant (s), les familles continuent d'approuver les systèmes mis en place. « Dans le Territoire, on n'enregistre plus d'entrée en semaine de quatre jours, ni de sortie », comptabilise l'Inspecteur d'académie, Jean-Marc Sevestre. « Ça nous facilite la vie le week-end, on peut se lever plus tard, ça nous coupe du reste de la semaine », assure cette maman de trois enfants. À condition de laisser du temps au temps de l'enfance.











