Le ministre des PME, du Commerce, de l'Artisanat et des Professions libérales, Renaud Dutreil, a consacré tout l'après-midi aux entrepreneurs alsaciens. Après avoir inauguré le hall de l'artisanat, à la Foire européenne, vitrine de leur savoir-faire, il a participé aux Assises régionales de l'artisanat, puis remis les insignes de la Légion d'honneur à Jean-Pierre Bechler et, enfin (lire ci-dessous), il a rejoint la plénière de la Chambre de commerce et d'industrie de Strasbourg.
Liste des avancées
Le ministre, mais également Alain Griset, le président de l'Assemblée permanence des chambres de métiers et de l'artisanat, ont dressé la liste des revendications qui ont été satisfaites : l'exonération des plus-values de cession « avec une fiscalité qui était confiscatoire », admet le ministre, le statut du conjoint-collaborateur, la protection de la résidence principale de l'artisan… Alain Griset a salué « l'Alsace, qui est la seule région de France où le junior apprentissage est soutenu financièrement par le conseil régional ». Renaud Dutreil a bien sûr été interpellé sur la qualification préalable à l'installation d'un artisan. Il a relevé l'action du préfet, le seul de France qui a décidé d'utiliser le droit local pour empêcher des implantations non fiables économiquement, mais a confié ses difficultés sur ce dossier : une étude montrerait que « les économistes estiment que les artisans, par leur corporatisme, empêchent des installations qui créeraient des emplois ». Même si lui juge que « le système ultralibéral ne peut s'appliquer dans le secteur des métiers ».
États généraux
Le ministre de tutelle a pu prendre connaissance des opinions des artisans telles qu'ils les ont exprimées, notamment lors des États généraux de novembre dernier à Horbourg-Wihr. Qu'ils sont fiers de leur métier (95 %) et seraient prêts à refaire le même parcours (63 %) ou à encourager un jeune. Mais ils regrettent de ne pas être assez entendus (84 %), et surtout déplorent les tracasseries administratives, la paperasserie, le poids des charges…
Jean-Pierre Bechler à l'honneur
Le président de la Chambre de Métiers d'Alsace Bernard Stalter a ensuite introduit la cérémonie de remise des insignes de chevalier de la Légion d'honneur à Jean-Pierre Bechler. Il a présenté le président de la section colmarienne comme « un homme au franc parler, convivial, au coeur d'or, une figure incontournable de la boulangerie ». Renaud Dutreil a retracé la carrière de « cet altruiste qui a formé 62 apprentis, dans ses deux points de vente ». Il a rappelé qu'il avait effectué son apprentissage auprès de son père Armand et qu'il a obtenu ses deux brevets de maîtrise, boulangerie et pâtisserie, après son service militaire en 1970 et 1971, avant de reprendre l'affaire familiale en 1983. Jean-Pierre Bechler a reconnu qu'il était « particulièrement ému » et c'est avec une réelle émotion et au bord des larmes qu'il a associé sa femme et ses trois enfants, ses collaborateurs, ses amis… à cette médaille qui honore tout l'artisanat alsacien.











