«Un Puy du Fou en Alsace, ce n'est pas forcément ce qu'il faut faire. Mais il faut faire quelque chose». Philippe Chouckroun, directeur du Comité régional du tourisme, est persuadé que l'Alsace doit «se bouger». C'est aussi le sentiment des autres membres de la «mission prospective» alsacienne qui s'est rendue le 1e r septembre en Vendée, dont l'agent de voyages Thierry Speitel, Jean Klinkert et Marc Lévy, directeurs des deux associations de tourisme départementales, Rémy With, premier vice-président du conseil général 68, Francis Demuth, président de l'ADT du Haut-Rhin ou Marie-Reine Fischer, conseillère régionale. Le constat, c'est Jean Klinkert qui le pose. «Avec les courts séjours au printemps autour de la culture et la gastronomie, avec des produits sur le thème du vin et de la vigne en automne, puis avec la thématique des marchés de Noël, le chiffre d'affaires du tourisme en Alsace se fait en juin, en septembre-octobre et en décembre. Juillet et août sont nettement en retrait», observe le directeur de l'ADT 68. «Le tourisme, renchérit M.Choukroun, a besoin de retrouver en été un certain dynamisme, d'autant plus nécessaire que l'arrivée du TGV va révolutionner la perception de l'éloignement». Du coup, Haut-Rhinois et bas-Rhinois se posent la question: que manque-t-il à l'Alsace pour retrouver sa position dans le peloton de tête des régions les plus attractives? Quel «événement fort» sera-t-il en mesure de stopper l'effritement d'été, d'attirer un large public familial et de redresser une courbe que le temps pourri d'août, les mauvais résultats de l'Ecomusée mais aussi de la première saison du Bioscope risquent davantage encore cet été, à l'heure du bilan, de tirer vers le bas? En Vendée, les élus et les professionnels ne sont pas allés dans l'idée de «copier coller», comme le souligne le metteur en scène Gusti Vonville, le modèle du Puy du Fou (voir ci-dessous), mais pour réfléchir sur le «concept à définir autour d'une forte sensibilité et dans un esprit ludique, sans l'enfermer dans la notion d'identité». Un événement tout public «qui soit en cohérence avec le territoire et la culture».
«Nous avons tous identifié le besoin. Encore faut-il trouver la bonne idée»
Une réflexion à laquelle le voyagiste Thierry Speitel, manager général de TS Loisirs et maire de Sigolsheim, a apporté sa part puisque c'est lui qui, au printemps dernier, a proposé l'idée de ce déplacement à la Région. «Le Puy du Fou, dit-il, est bien plus qu'un parc d'attractions. L'Alsace, de son côté, a un potentiel énorme, notamment à travers l'Écomusée, une plate-forme remarquable pour développer des idées neuves sur le tourisme. » Où pourrait se situer cet événement «culturel à forte connotation ludique»? Question prématurée selon les participants de la mission, qui ont sur ce point des visions divergentes. «Nous avons tous identifié le besoin, analyse Philippe Choukroun. Encore faut-il trouver la bonne idée». Et de souligner que l'Alsace «dispose déjà d'un certain nombre d'animations de grande qualité, comme le "Rêve d'une nuit d'été" à Saint-Gilles dans le val de Villé, les spectacles de Project'Ill à Osthouse ou le Festival de musique de Colmar». Visiblement, tout le monde est conscient qu'il faut aller plus loin. Mais aussi qu'un événement de cette ampleur ne se construit que dans le consensus et sur plusieurs années. C'est donc un vaste chantier qui s'ouvre...











