Après Albemarle, Dalphimetal ? Alors que l'avenir des 270 salariés de l'usine chimique de Vieux-Thann semble assuré, au moins pour quelques mois, grâce à l'arrivée d'un repreneur allemand (nos précédentes éditions), c'est au-dessus de l'entreprise Dalphimetal, à Cernay, qu'apparaissent de gros nuages noirs. De source syndicale, l'avenir du sous-traitant automobile, où 191 salariés fabriquent notamment des airbags et volants, avec armatures, serait même menacé à très court terme. Hier, les responsables de l'intersyndicale — CFTC, FO, CFE-CGC et CFDT- ont distribué des tracts à la sortie de l'usine. Une opération en forme d'avertissement à l'adresse de la direction, soupçonnée de préparer le démantèlement du site alsacien. Une fermeture qui serait annoncée, selon les syndicats, lors de la prochaine réunion du comité d'entreprise dont la date n'a pas encore été fixée. « Les rumeurs de fermeture sont de plus en plus nombreuses et surtout, certains faits abondent dans ce sens », regrette un responsable syndical qui précise : « les stocks s'éparpillent dans différents sites de stockage ; des composants s'en vont de chez nous de manière fantôme, sans documents officiels ; le site portugais de TRW a récupéré 20 % de la production réalisée chez nous précédemment ? » « Tandis que les ateliers se vident peu à peu dans ce qui ressemble, en certains endroits, à une usine fantôme, c'est la fermeture du site qui s'annonce », indique encore une autre source syndicale qui promet une réaction à la hauteur de la gravité de la situation. Grève et occupation d'usine sont d'ores et déjà envisagées.
Les pouvoirs publics alertés
Durant tout l'été, une surveillance discrète a d'ailleurs été opérée autour de l'usine cernéenne. « L'un de nous passait chaque jour devant le site pour vérifier que la direction ne procédait pas au déménagement des machines en catimini. Aujourd'hui, le groupe TRW, qui nous a rachetés aux Espagnols en octobre 2005, a clairement l'intention de fermer l'usine. La seule production qui pouvait nous faire vivre, c'est pour la 1007 qui ne marche pas. On n'est plus dans l'idée de 80 licenciements mais bien dans une logique de fermeture. Avec 100 salariés, l'usine ne serait de toute façon pas rentable », analyse un autre syndicaliste qui a alerté les pouvoirs publics. Une rencontre avec le député maire de Cernay, Michel Sordi, pourrait avoir lieu lundi matin. Le préfet et l'inspecteur départemental du travail et de l'emploi du Haut-Rhin ont également été alertés. À une période extrêmement difficile pour les sous-traitants automobiles, la situation de Dalphimetal est aujourd'hui très préoccupante. Si rien n'a été annoncé, le moral des salariés est au plus bas en cette rentrée.
Ni confirmé, ni infirmé
Contacté hier en fin d'après-midi, François Vercher, le directeur du site a indiqué que « les rumeurs dont il est fait état dans ce tract ne peuvent actuellement être ni confirmées ni infirmées ». Ajoutant que Dalphimetal travaille « dans un secteur actuellement durement touché », il a annoncé que la direction communiquerait dans courant septembre. « Un plan de restructuration du site est prévu. Mais, comme le veut la loi, notre comité d'entreprise aura la primeur de l'information », conclut Philippe Verchere.











