« Mon grand-père qui, durant 60 ans, était organiste à Guewenheim, possédait un épais livre d'orgue contenant des oeuvres de compositeurs alsaciens, très belles et originales, qu'il jouait autant pour le plaisir des paroissiens que pour le sien. J'ai continué tout en allant à la découverte des organistes alsaciens du 19e et aussi du 20e siècle. Avec la restauration de l'orgue, j'ai eu l'idée d'inviter des amis organistes de talent c'est de là qu'est née l'heure musicale du mercredi qui aura lieu tous les mercredis de juillet » a confié Jean-Georges Ulrich, l'initiateur du projet. L'organiste Christian Robischon, avant de donner la voix à Jacques Louis Battmann, a placé le répertoire d'orgue alsacien entre nord et sud. Il a ouvert le récital sur une fantaisie du Hollandais Sweelink, la sculptant avec une élégance pétillante et une certaine volubilité. C'est Jacques Boyvin, un des compositeurs du grand siècle, qui a incarné la musique française. L'organiste a su exploiter avec virtuosité les sonorités un peu acidulées du Stiehr pour, avec un souci du détail et de l'ornementation, exprimer la tendresse et la douceur de cette musique.
Succès populaires
C'est avec une certaine émotion que le titulaire de l'orgue de Masevaux a servi l'un de ses plus illustres concitoyens, Jacques-Louis Battmann. Le répertoire de celui-ci est l'archétype d'une musique faisant appel aux succès populaires, opéras, opérettes, chansons et ritournelles des cafés concerts de la fin du 19e siècle. Ces airs, aguichants et entraînant entre tous, faisaient oublier aux paroissiens les efforts financiers consentis pour la construction des orgues. Christian a servi cette musique surprenante et charmeuse avec fougue et tendresse. Il a fait cohabiter richesse des timbres et séduction mélodique dans un offertoire, marche entraînante et théâtrale sur fond d'accordéon, avant de revenir à de la ferveur et de la retenue pour l'élévation. Mais c'est la sortie, d'une merveilleuse dynamique mélodique, qui a porté la fibre populaire du compositeur à son paroxysme. Rythmes très dansants, gorgés de bonne humeur, avec des fonds pleins de fantaisie se mariant à des airs d'orgue de barbarie, ont fait triompher une époque.
Surprise
Cerise sur le gâteau, une improvisation sur « Que notre Alsace est belle », cet exercice de virtuose servi par de superbes combinaisons, a cohabité avec une superbe clarté des plans sonores.











