À l'origine de ChemTox (lire ci-dessus), un constat fait par le Dr Pascal Kintz qui travaillait alors à l'Institut médico-légal de la faculté de médecine de Strasbourg. « Je formais des gens mais je n'avais pas de moyens pour les garder. En 1993, un étudiant a fait sa thèse chez moi et s'est ensuite fait éjecter faute de budget, de poste et d'intérêt pour la toxicologie. » À l'époque, et encore aujourd'hui, la toxicologie n'était pas vraiment une discipline à la mode. « Il n'y avait pas d'investissement suffisant. Pour réaliser les premières analyse de cheveux de Napoléon, j'ai dû me rendre au Havre qui possédait la machine dont j'avais besoin ». « J'ai alors rencontré Pierre Muller, poursuit le toxicologue, qui est le patron de Codgène, un laboratoire d'analyses génétiques spécialisé dans la médecine légale, et qui avait envie d'un plateau de toxicologie ». Outre Pierre Muller et Pascal Kintz, deux autres personnes s'associent au projet : Christian Baroero, ingénieur INSA et actuel président de la société ChemTox, et Vincent Cirimele, docteur en toxicologie, le thésard « éjecté ».
970 m² de locaux
La construction du bâtiment a commencé début 2004. Le projet est soutenu par la Région, le Département du Bas-Rhin et la CUS. Au final, ChemTox, ce sont 970 m² de locaux et une dizaine de salariés pour un budget global de trois millions d‘euros. Et un spectromètre de masse à plasma induit (*), une machine qui vaut 1,5 M€ et qui occupe une pièce à elle seule. C'est grâce à ce type de machine que les analyses des cheveux, celles de Napoléon notamment, peuvent être menées à bien. Le laboratoire développe trois domaines d'expertise en procédures judiciaires, en environnement et en médecine du travail, permettant le suivi des expositions à risques (substances volatiles ou métaux, pesticides, dioxines, produits dopants) et le dépistage de conduite addictives (alcool, drogues, médicaments). Un quart de l'activité se fait à l'étranger, à la demande de services de médecine légale en Suisse, en Irlande, en Belgique ou au Royaume-Uni. Et 15 à 20 % de l'activité de ChemTox sont consacrés à la recherche appliquée à la toxicologie. Parmi les projets de recherche : améliorer les connaissances sur les marqueurs biologiques d'exposition à long terme dans le cas des intoxications chroniques comme par exemple les pesticides chez les agriculteurs, ou travailler sur des troubles dans la concentration de certains métaux dans des maladies comme la sclérose en plaques.











