« Vous sortez, s'il vous plaît ! Vous n'avez pas le droit d'être là ». « Ils m'accompagnent parce que, sous la République, je viens payer le denier du culte municipal. Maintenant, si vous voulez m'aider, vous n'avez qu'à m'acheter mes bouquins ». Ce sont là les propos du genre incisif échangés, ce mardi en début d'après-midi, par Christian Guilleminot et une des responsables de la Trésorerie principale de Besançon. Condamné à payer 1000€ en frais de justice après avoir été débouté dans la deuxième affaire des croix de Besançon (notre édition du 23 décembre 2004), Christian Guilleminot s'est fait accompagner de quelques amis et de son épouse pour verser une partie de la redevance. Place Cassin, face à la trésorerie, il venait d'organiser la vente de deux ouvrages : Une autre visite des églises de Paris, de Jocelyn Bézecourt, et Les pages noires du Christianisme, édité par Cercle des résistants à l'oppression des agenouillistes dont il est le principal animateur. « Je vends des livres pour payer l'amende », explique-t-il aux rares passants qui se sont intéressés à son présentoir de fortune. Sur l'une des pancartes, le militant anti-clérical avait placardé un texte sur lequel on pouvait lire : « En cette année 2005, centenaire de la loi du 9 décembre 1905 séparant les Églises de l'État, des lois d'exception sont mises en place pour exiger des élèves et des employés qu'ils masquent ou enlèvent leurs signes d'appartenance religieuse. Mais il m'est interdit d'exiger la même chose, sans encourir une peine d'un organisme public comme la mairie de Besançon qui peut arborer ostensiblement un symbole partisan ».
Fidèle à la loi de 1905
« Pour avoir contesté le bien fondé de l'érection d'une croix sur un porche de la mairie de Besançon en lieu et place des attributs de la République, je subis une peine de 1 000€. Je suis donc sanctionné pour délit d'opinion et mon opinion est la loi de 1905, dans son article 28. Cette loi a mis plus d'un siècle pour voir le jour après la Révolution malgré de violentes oppositions. Et si elle subi en un siècle de nombreuses attaques et altération, elle n'a été abrogée que sous le régime nazi de Pétain », poursuit le texte. Après cette vente-flash, portant une pancarte sur sa poitrine sur laquelle il avait inscrit : « Un délit laïque et républicain à Besançon = 1000 € » et accompagné et de ses amis brandissant de leur côté, le décor de l'opération, Christian Guilleminot s'est rendu au guichet pour effectuer un versement de 30 €. L'opération a été réalisée, mais devant l'intransigeance du responsable de la trésorerie, les échanges ont tourné court.











