Mémère et son petit chien font leur promenade. Dans un tel équipage, il y en a toujours un qui mène le train, un qui choisit la route à prendre et qui tire devant, et l'autre qui suit les directives, qui suit le mouvement, qui suit tout simplement. Dans le cas présent, on voit tout de suite lequel des deux commande. Là, il n'y a pas de doute, c'est Mémère. Mémère avance les yeux fixés sur son but, elle ne jette pas un regard en arrière, elle tracte l'animal qui se laisse entraîner. L'animal, un caniche blanc à poil frisé, a un mal de chien à suivre. Il vient de passer au ras d'un parterre de rosiers où une branchette pleine d'épines est restée accrochée dans ses bouclettes. Le pauvre trottine derrière sa patronne qui tire, il trébuche, il boitille, il saute à cloche-pied sur trois pattes en tentant de se débarrasser de ce truc qui lui reste collé aux poils. Il est si occupé qu'il ne pense pas à japper.











