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Besançon : le revers de la croix

Christian Guilleminot, le « tombeur » de la croix du palais Granvelle à Besançon, vient d'être débouté dans une affaire similaire et doit s'acquitter d'une amende de 1000 €.

« Au moment où les gamins sont embêtés pour des histoires de voile, de kipa et de croix, je suis scandalisé d'être condamné à une amende pour avoir demandé le respect de la loi de 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État. ». Christian Guilleminot ne décolère pas. Après avoir « laïcisé » le musée du Temps, il a échoué dans sa tentative de faire disparaître du décor bisontin, une deuxième croix qui trône au-dessus d'un porche situé au 6, rue Mégevand, et essuie les foudres de la Ville de Besançon, propriétaire du site, qui exige la récupération des frais de justice.

“ La loi de 1905 édicte clairement l'interdiction d'élever tout signe religieux sur les édifices publics”

Après la reconstruction en 2000 de l'édifice objet du litige, Christian Guilleminot, principal animateur du Cercle des résistants à l'oppression des agenouillistes (CROA) -un groupe anticlérical bisontin-, engage un recours gracieux auprès de la Ville de Besançon pour tenter d'obtenir le retrait de l'ornement religieux. La municipalité fait la sourde oreille, condamnant ainsi cette démarche à une fin de non-recevoir. Pour contraindre la Ville à réagir à son appel, le militant bisontin introduit une requête auprès du tribunal administratif (TA) de Besançon. « Cette action a ouvert la porte à une série d'échanges avec la Ville via le TA. Mais, parallèlement, j'ai reçu, de la part d'élus de la majorité municipale, une série de lettres d'intimidation qui pour moi, sont autant d'entraves au déroulement normal de la procédure », maugrée le requérant. L'affaire finit par passer au tribunal administratif de Besançon en décembre 2001, mais notre chasseur de croix est débouté et condamné à verser 1 000 euros à la Ville. « Et dire que l'avocat de la mairie affirme que le porche a été reconstruit à un endroit légèrement décalé pour améliorer la perspective. Et en face, nous avons la loi de 1905 qui édicte clairement l'interdiction d'élever tout signe religieux sur les édifices publics. De fait on estime qu'un signe religieux ostensible sur un site public n'est pas contraire à l'article 28 de cette loi », s'insurge Christian Guilleminot qui décida alors de s'adresser à la cour d'appel de Nancy. Mais cette instance de la juridiction administrative tranche, elle aussi, en faveur de la mairie de Besançon. Le requérant songe, alors sérieusement à un pourvoi en cassation devant le Conseil d'État. « Mais entre temps, je me suis retrouvé en longue maladie et une telle procédure occasionne des frais importants », concède le demandeur qui n'a pas d'autre choix que de jeter l'éponge. Problème, il y a quelques jours, l'injonction de payer est tombée et notre défenseur de la laïcité n'a pas les moyens d'y faire face. « Je n'ai pu effectuer que deux versements de 30 € chacun. Je considère que je suis victime d'un délit d'opinion républicaine et laïque », plaide-t-il.

D. S.

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