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Un
enquête menée auprès de 1000
motards fait apparaître une sérieuse
évolution de lespèce, plus
féminine, dépensière, mais
moins passionnée.
Cette
enquête réalisée par le Groupement
Interprofessionnel de lAutomobile (GIPA)
qui vient détendre son activité
à la moto est passionnante. Parce quelle
est indépendante du milieu moto et quelle
fait ressortir des tendances lourdes et plutôt
méconnues.
Motardes.- Ceux qui roulent le pressentaient,
mais les chiffres permettent de mesurer le phénomène:
«Un peu plus de 15% des conducteurs de moto
de plus de 50 cc sont des femmes, et ce chiffre
senvole lorsquil sagit des scooters
et des cyclos de cylindrée inférieure,
où un motard sur quatre est en fait
une motarde.» précise lenquête.
Même si on peut pinailler sur lappellation
de motarde pour une fille sur un cyclo de 49.9
cc, ce chiffre est effectivement «une vraie
révélation pour la profession».
Si les accessoiristes semblent avoir compris la
valeur marchande de ce segment, on se demande
encore pourquoi les constructeurs ne proposent
pas plus de motos légères avec des
selles basses.
Lâge
du destrier.- Le population motarde vieillie,
lâge des motos aussi. Sur un parc
de 2 441 000 deux-roues motorisé circulant
en France, lâge moyen est de sept
ans. « Ces chiffres reflètent à
la fois la forte hausse
des immatriculations depuis 1996, qui ont culminé
en 1999 et lâge avancé du parc
sur les plus grosses cylindrées, ce qui
implique une plus grande vigilance pour lentretien
» souligne Jean-Jacques Le Moigne, Président
du Cercle Moto - GE Money Bank pour qui létude
a été réalisée. Ce
chiffre révèle ce que savent tous
les concessionnaires. Aujourdhui, pour vendre
une machine neuve, il faut souvent faire des reprises
sur des machines anciennes, de plus en plus difficiles
à écouler ensuite. Du coup, les
concessions se trouvent devant un véritable
dilemme: faire du chiffre en grossissant son parc
doccasions ou garder ses nouveautés
en vitrine.
Des dépenses en hausse.- Si le marché
de la moto ne flambe pas, le budget des motards
est lui en hausse. Létude du Gipa
montre que «les conducteurs de cyclo, de
scooter ou de moto déclarent dépenser
en moyenne
1 683 euros par an pour leur deux-roues, tous
postes confondus (remboursement, réparation,
assurance, essence, accessoires et entretien).
Un chiffre qui passe du simple au double que lon
soit en dessous ou au-dessus de la barre des 50cc,
soit 1887 euros par an pour les plus de 50cc.»
Les hommes dépensent plus que les femmes
(!) et à Paris ce chiffre atteint 2 400
euros. Pour les + de 50 cc, lenquête
révèle même que «le
budget recouvrant les accessoires, lentretien
et la réparation est équivalent
à celui dune voiture, pour un prix
dachat différent!» et surtout
un kilométrage bien inférieur. Un
sacré argument pour demander, comme le
fait depuis des années la FFMC, une baisse
de la TVA sur les éléments de sécurité
(casque, vêtements
).
De la passion à la fonction.- Autre surprise
de létude: les passionnés
ne représentent que 21% des utilisateurs
de deux-roues. 31% des motards se déplacent
en deux-roues ne sintéressent que
peu à lunivers du deux-roues alors
que 24% sont classés dans les «hédonistes»
une catégorie qui considère la moto
comme un simple loisirs. Dépassionné
le motard? Disons que lenquête est
très globale et quelle ne fait pas
la distinction entre celui qui achète un
scooter pour circuler en agglomération
et le motard qui soffre, après pas
mal de sacrifices, la dernière sportive
à la mode. Clairement, lexplosion
du marché du scooter a créé
une deuxième catégorie de motard
qui est davantage un consommateur de deux-roues
plutôt quun digne confrère
dÉdouard Bracame ou de Phil Read
!
Laurent
Gentilhomme
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