Le 2 novembre, « l'ennemi public n° 1 », Jacques Mesrine, termine sa cavale porte de Clignancourt, à Paris : il est abattu vers 15 h 15, à moins d'un kilomètre à vol d'oiseau du lieu de sa naissance, 43 ans plus tôt. Jacques Mesrine a été pris au piège par la brigade antigang du commissaire Broussard : alors qu'il circulait en voiture en présence de sa compagne, sa BMW a été bloquée par une fourgonnette banalisée dont ont jailli des tireurs de la brigade de recherche et d'intervention.
Hold-up, évasions, meurtres...
Cerné par une cinquantaine de policiers, il n'a pas le temps de faire usage de ses armes, deux grenades quadrillées et un revolver. Il est abattu de 19 balles, son amie est grièvement blessée. « S'il était sorti de sa voiture en levant les mains, l'affaire aurait pris une autre tournure », déclare lors d'une conférence de presse tenue le soir même Maurice Bouvier, directeur central de la police judiciaire. « Mais sachant qu'il n'hésiterait pas à utiliser les grenades, nous avons ouvert le feu. Son amie, elle, a été blessée quand on l'a vue quitter la voiture en courant ». Ainsi prend fin une chasse à l'homme de dix-huit mois, au cours de laquelle les policiers ont patiemment attendu « la faute » du bandit le plus recherché de France : il l'a commise quelques jours plus tôt en leur permettant de découvrir sa dernière planque, rue Béliard, dans le XVIIIe arrondissement à Paris. Un plan de bataille a alors été aussitôt mis en place. Fils d'un industriel aisé, titulaire d'un diplôme d'architecte, Jacques Mesrine a été un bandit hors du commun, qui a souvent cherché à se donner l'image d'un Robin des bois moderne : « Je ne suis que l'ennemi des banques », avait-il ainsi déclaré. « Je mange la galette, mais pas la grand-mère, ni le chaperon rouge ! ». Son palmarès est déjà malgré tout assez inquiétant pour lui conférer le tire d'«ennemi public numéro un » : une série de hold-up commis en France et sur le continent américain, quatre arrestations, autant d'évasions (du pénitencier de Montréal comme du palais de justice de Compiègne…), deux meurtres au Canada, une condamnation à vingt ans de réclusion criminelle…
Comme si sa fin était déjà écrite...
Il a également blessé de trois balles un journaliste de l'hebdomadaire Minute. Aimant séduire et se montrer, quand les circonstances le permettent, sous un jour courtois, répondant volontiers aux journalistes (de Paris-Match et de Libération), il a même publié en 1977 un livre intitulé L'instinct de mort. Comme si sa fin était déjà écrite...
Les obsèques de Jacques Mesrine. Abattu à moins d'un kilomètre du lieu de sa naissance, il avait écrit deux ans auparavant un livre intitulé « L'instinct de mort ».
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