Le 16 janvier, le shah Muhammad Reza Pahlavi, malade et affaibli par la situation politique de l'Iran, est contraint à l'exil, après un règne de trente-sept ans à la tête de ce qui est l'un des plus vieux États du Moyen-Orient. Le shah avait succédé à son père en 1941. En 1962, il avait lancé la « Révolution blanche », qui visait notamment à réformer l'agriculture. Le shah voulait faire de l'Iran un pays moderne, industriel et laïc. Mais cette politique, très autocratique (toutes les oppositions ont été réprimées), a causé un exode rural, jetant dans les villes des paysans déracinés, et a entraîné une révolte ouverte du clergé. Celui-ci a trouvé son leader en la personne de l'ayatollah Ruhollah Moussari Khomeiny. Enseignant dans la ville sainte de Qom, il a dû s'exiler à partir de 1964, en Turquie, puis en Irak. Il s'est notamment établi dans le sanctuaire chiite de Kerbala où il a prêché la mise en place d'un État islamique. Ses discours ont rencontré un grand écho dans la jeunesse, qui cherchait dans l'islam une théologie capable de concurrencer le marxisme. L'ayatollah vivra aussi en France, à Neauphle-le-Château, dans la banlieue parisienne, jusqu'en 1978.
L'entrée triomphale de Khomeiny à Téhéran
Quand le régime du shah s'écroule, à la suite d'une vague de grèves sans précédent en Iran durant le dernier trimestre de 1978, seul le clergé chiite peut imposer un contre-pouvoir. S'appuyant sur l'armée, le Premier ministre iranien, Chapour Bakhtiar, tente de s'opposer au retour de l'ayatollah, mais, le 1e r février, quinze jours après le départ du shah pour les États-Unis et après seize années d'exil, Khomeiny fait une entrée triomphale à Téhéran : il est accueilli par plus de quatre millions de personnes. Entre le 9 et le 12 février, de violents incidents marquent la fin de la monarchie. À la suite du référendum du 30 mars, la République islamique est proclamée. Très vite, Khomeiny concentre entre ses mains les pouvoirs spirituels et temporels. En novembre 1979, des étudiants islamistes prennent en otages 52 diplomates américains dans leur ambassade de Téhéran afin d'obtenir l'extradition du shah. Cette prise d'otages s'éternisera 444 jours, jusqu'au 20 janvier 1981. Khomeiny lance des appels pour que sa révolution islamique gagne l'ensemble du monde musulman. Pour prévenir ce risque, l'Irak, soutenu par de nombreux pays arabes et occidentaux, déclenchera la guerre contre l'Iran le 22 septembre 1980. Celle-ci ne prendra fin que le 20 août 1988, après avoir fait 1,2 million de morts. L'ayatollah Khomeiny est décédé le 4 juin 1989. Quant au shah, il est mort un an et demi après son départ du trône, en juillet 1980.
1e r février 1979 : l'ayatollah Khomeiny est de retour à Téhéran.
AFP/Gabriel Duval











