François Holterbach dit « Hô », chef du bureau de L'Alsace à Guebwiller, a réussi à créer, dans le domaine de l'humour, un événement majeur dans la cité du Florival. Le premier Salon des humoristes alsaciens se tient donc du 24 juin au 9 juillet à Guebwiller où les hommes politiques et les événements sont croqués par la plume des artistes. Son promoteur présente l'événement à sa façon : « En somme, ce salon est celui de la communication non verbale ».
Le sens de l'autodérision
Au total, ce sont 27 artistes alsaciens qui sont réunis dans les locaux de la mairie pour exposer leur vision du monde, souvent sarcastique, parfois cynique. Les uns sont déjà connus des milieux artistiques. C'est notamment le cas de deux jeunes architectes d'une petite trentaine d'années, Gérard Sutter et Dominique Laburte qui, après avoir commencé à illustrer certains papiers parus dans L'Alsace à Saint-Louis, ont récemment signé dans le supplément sur l'Alsace réalisé par le journal Le Monde. Roland Peuckert de Bischoffsheim a lui aussi signé dans le même quotidien national. Non sans un certain sens de l'autodérision, l'homme se plaît à se pasticher lui-même parce que « la caricature, même la pire d'entre elles, passe toujours mieux quand on montre au public qu'on sait d'abord se moquer de soi ». Joël Roche, 35 ans, expose ici une de ses oeuvres magistrales primée en 1967 pour être « le plus grand dessin humoristique de France » par le nombre de ses personnages. Le tableau met en scène une joute médiévale qui foisonne tellement de ces 2 912 personnages (!) qu'il s'en dégage l'impression d'une immense toile d'araignée. Yves Sieffer est là aussi, qui expose essentiellement ses esquisses parues dans le « Schandkalander » de son frère Roger. Un autre humoriste proche des milieux du cabaret puisqu'il dessine les décors du « Barabli », croque tout ce qui passe au salon avec son crayon : c'est André Wenger d'Ostwald. Lucien Bergs, lui, se moque des nazis. Alain Krauss dépeint avec ironie le resserrement des liens entre l'Alsace et la France, sous les traits d'une longue ligne de pylônes électriques. Bref, les Alsaciens nous montrent que la création humoristique régionale est plus que dynamique.











