En seulement quelques semaines, en cette année 1978, trois papes vont se succéder au Vatican. Début août, le pape Paul VI décède à l'âge de 86 ans. Né le 26 septembre 1897, Giovanni Battista Montini était devenu le 259e successeur de saint Pierre. Il avait été surnommé « le pèlerin » en raison de ses nombreux voyages. Son pontificat, initié en 1963, avait débuté avec un chantier de taille : la conclusion et la mise en application du Concile Vatican II, qui devait « ajuster » l'Église romaine au monde moderne.
Jean-Paul 1e r : 33 jours de pontificat
Le 26 août, les cardinaux réunis en conclave élisent son successeur : leur choix se porte sur le cardinal de Venise, Albino Luciani, qui choisit de s'appeler Jean-Paul 1e r. Mais, seulement 33 jours plus tard, le 28 septembre, le nouveau pape est retrouvé mort dans ses appartements au Vatican. Une seconde élection a donc lieu la même année. Lors du nouveau conclave, le 16 octobre, alors que dehors, la foule se presse sur la place Saint-Pierre, dans les salons du Vatican les deux « favoris », les archevêques de Gênes et de Florence, se neutralisent. Et quand, à 18 h 17, la rituelle fumée blanche annonce que les jeux sont faits, c'est une surprise pour le monde entier : pour la première fois depuis 1522, un cardinal non italien accède à la papauté. Le cardinal polonais Karol Wojtyla, inconnu du grand public et âgé de « seulement » de 58 ans, est élu pape. Ce choix est interprété comme une volonté d'ouverture de l'Église et comme un signe adressé aux populations de l'Europe de l'Est. Né en 1920 près de Cracovie, Karol Wojtyla avait été ordonné prêtre en 1946. Il avait ensuite suivi une ascension rapide dans la hiérarchie catholique, devenant évêque en 1958, archevêque de Cracovie en 1963 et cardinal en 1967. En hommage à son prédécesseur, le nouveau pape prend le nom de Jean-Paul II.
Un intérêt particulier pour les pays de l'Est
Comme Paul VI, il se distinguera par sa volonté de rencontres et de voyages, n'hésitant pas à parcourir le monde. Il ira ainsi, notamment, à Cuba en 1998 et, évidemment, en Pologne dès 1979. Il manifestera évidemment un intérêt particulier pour les pays du bloc soviétique qui va se briser pendant son pontificat, à partir de 1989. « Rien de ce qui s'est passé en Europe de l'Est n'aurait été possible sans ce pape », estimera d'ailleurs le dernier leader soviétique Mikhaïl Gorbatchev. Aujourd'hui affaibli par la maladie de Parkinson, Jean-Paul II donne la double image d'une autorité catholique encline à reconnaître ses erreurs et à accepter la modernité, mais aussi inflexible sur certains dogmes de la morale chrétienne.
De gauche à droite : Paul VI, Jean-Paul Ie r et Jean-Paul II.
DR











