En 2004, ce sont près de 75 % de l'énergie électrique française qui sont produits par les centrales nucléaires. En 1977, ce taux était, pour ainsi dire, nul. Mais le pays qui, depuis une décennie environ, avait fait de nombreux progrès en la matière, songeait sérieusement à diversifier ses modes de production énergétique d'autant que la crise pétrolière de 1973 l'avait profondément touché. Elle avait abouti à une totale remise en question de la politique énergétique de la France. Cette dernière songeait surtout à être autosuffisante. Mais cette politique avait forcément un « prix»: celui de l'installation de centrales de production d'énergie nucléaire sur l'ensemble du territoire métropolitain.
Nombre de manifestations et une radio pirate
Alors que le quidam ne savait rien de ce nouveau mode de production énergétique, le projet d'installation d'une centrale à Fessenheim avait été déposé au début des années 1970. L'opinion publique alsacienne était alors vraiment partagée. Les uns avaient foi dans cette nouvelle unité de production qui devait permettre à toute une région – et au pays – de trouver une porte de sortie au problème de l'offre énergétique et qui allait créer, dans le même temps, des centaines d'emplois. Les autres se mobilisaient contre le projet. S'ensuivirent nombre de manifestations dans toute la région pour empêcher l'enquête d'utilité publique, puis la pose des premières pierres. Une radio pirate vit même le jour, Radio Verte Fessenheim qui diffusait en allemand, en français et en alsacien par un petit émetteur artisanal de 15 watts. Rien n'y fit : cette année, la centrale de Fessenheim est mise en service. Elle va produire chaque année 10 à 12 milliards de kwh, ce qui représente environ 90 % de la consommation alsacienne d'électricité. Le site emploie en permanence 680 personnes auxquelles viennent s'ajouter de nombreux agents de maintenance. La centrale de Fessenheim devait avoir une durée de vie de vingt-cinq ans. Or elle est toujours « en parfait état de marche » selon ses responsables, même si, depuis le mois de janvier dernier, une série de petits incidents se sont produits. Il s'agirait, toujours selon ces responsables, d'incidents mineurs qui ne seraient absolument pas en relation avec une éventuelle vétusté ou un vieillissement précoce des infrastructures de la centrale.
La centrale nucléaire de Fessenheim : une production correspondant à environ 90 % de la consommation alsacienne d'électricité.
Archives Jean-Marie Haeffelé











