Le massacre du peuple cambodgien par ses dirigeants a commencé en 1975 avec l'accès des communistes Khmers rouges au pouvoir, mais en réalité, les racines du mal sont à chercher plus loin, notamment à la fin de la guerre d'Indochine, en 1954. Le pays accède alors à l'indépendance. Le prince Sihanouk prend les rênes du pays. Il tente de mettre en place un régime neutre et socialisant. De nombreux résistants communistes ne sont pas d'accord avec lui et s'exilent au nord du Vietnam voisin, tandis que d'autres font le choix de rester dans le pays pour le contrecarrer.
Massacrés par dizaines de milliers
Ils constituent, à partir de 1963, de petits maquis réunis autour d'un chef, Saloth Star, dit « Pol Pot ». Au fur et à mesure des années, de plus en plus de paysans, victimes des bombardements américains sur la région, viendront grossir leurs rangs. Indépendamment de cette situation, l'armée organise en 1970 un coup d'État qui conduit à la destitution de Sihanouk. Ce dernier s'exile à Pékin d'où il apporte son soutien moral aux Khmers. Il sera mal récompensé puisque ses partisans sont alors les premiers à subir la loi des communistes. Par dizaines de milliers, ils sont systématiquement massacrés tout comme les revenants du Vietnam, communistes aussi, mais considérés comme des traîtres par les Khmers. Nous sommes en 1977 et le régime de Pol Pot prend probablement un tournant des plus importants puisqu'il massacre désormais dans ses propres rangs. Les adeptes de Pol Pot prennent le pouvoir en avril 1975 dans un pays exsangue qui a reçu, en trois ans, trois fois plus de bombes que le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale. La première mesure prise par le dirigeant khmer consiste à fermer hermétiquement les frontières. Dès lors, le drame cambodgien se déroule à huis clos pendant quatre ans, jusqu'en 1979. La politique de Pol Pot tient dans cette formule : « Il faut que les gens apprennent qu'ils naissent du grain de riz. En suant pour défricher, pour semer, planter, récolter, l'homme connaît la vraie valeur des choses. La ville est mauvaise, non pas les gens : car les gens sont réformables, mais pas la ville ; c'est en ville qu'on trouve l'argent et la corruption ». Résultat : tous les citadins, enfants compris, sont envoyés aux champs.
Usines, postes et hôpitaux fermés
Télévision, machines à écrire, usines, postes, hôpitaux sont supprimés et fermés. La famine s'installe, engendrant des épidémies qui déciment le peuple. Tout ce qui ressemble à un intellectuel – parfois le simple fait de porter des lunettes – est systématiquement exterminé. Noël 1978 : les voisins vietnamiens envahissent le pays découvrant une vision d'horreur. Si le pays recouvre peu à peu sa liberté, il est aujourd'hui encore un des plus pauvres de la planète.
Khieu Samphan, député de gauche, a rejoint Pol Pot après avoir pris le maquis en 1967. Chef de l'État du « Kampuchéa Démocratique » (les Khmers rouges) d'avril 1976 jusqu'à l'effondrement du régime au début de 1979, il était également commandant en chef des armées qu'on le voit ici applaudir.
AFP











