Lorsqu'il est élu en 1974, Valéry Giscard d'Estaing est plus au moins contraint de prendre Jacques Chirac comme Premier ministre. En réalité, VGE lui a promis le poste en échange de son soutien pendant la campagne présidentielle, au détriment de son concurrent, Jacques Chaban-Delmas. Jacques Chirac a occupé plusieurs ministères depuis qu'il est entré en politique au début des années 1960, de l'Agriculture à l'Intérieur. Surtout il a été un proche de Georges Pompidou, ce qui donne de lui l'image d'un homme fidèle et travailleur. Mais la lune de miel entre le président de la République et son Premier ministre ne sera que de courte durée.
Les socialistes divisent les deux hommes
D'une part, Jacques Chirac possède une marge de manoeuvre assez large par rapport à Giscard puisque l'occupation de son poste est le fruit d'un échange de bons procédés. Une fois en place, le Premier ministre n'a pas obligation de fidélité à son président. D'autre part, Chirac est maître du jeu parlementaire puisque le parti qu'il dirige, l'Union des démocrates républicains (UDR), y est majoritaire. Du coup, celui-ci se comporte plus comme un partenaire égal du président qu'en exécutant de ses volontés. Valéry Giscard d'Estaing ne tarde pas à en prendre ombrage. Le conflit qui couve entre les deux hommes va éclater sur la tactique à adopter face à l'opposition socialiste. Celle-ci a le vent en poupe depuis la crise pétrolière de 1973 qui a plongé le pays en pleine récession économique. Les gouvernements de Pierre Messmer, puis maintenant de Jacques Chirac, ne semblent pas proposer de solutions intéressantes pour que le pays se relève et les socialistes font désormais figure de «sauveurs». Chirac réagit enfin en proposant une double riposte: un plan de relance économique pour réduire le chômage et des élections anticipées pour prendre de vitesse la vague socialiste et la vaincre avant qu'elle ne grossisse. VGE, au contraire prône une décrispation de l'attitude gouvernementale à l'égard des socialistes. L'UDR le soupçonne alors de vouloir pactiser avec l'ennemi et de vouloir opérer à un renversement d'alliances.
Raymond Barre, Premier ministre
Dans ces conditions, Jacques Chirac décide de démissionner, ce qu'il fait avec fracas ce 25 août. Il poursuivra son action politique au sein du Rassemblement pour la République (RPR) qu'il crée à la fin de cette année et dont il prend la direction. Raymond Barre le remplace à Matignon tout en conservant son ministère de l'Économie et des Finances. Grand défenseur de l'Europe et surtout de son unité monétaire, il doit évidemment sa nomination à ses compétences économiques, seules préoccupations du moment.
Raymond Barre succède à Jacques Chirac au poste de premier ministre le 27 août 1976.
Archives AFP











