En juin, la population noire de Soweto, en Afrique du Sud, se soulève massivement pour dénoncer la ségrégation dont elle est victime depuis longtemps. Ces manifestations marquent le début de la lutte des Noirs pour faire reconnaître leurs droits et pour que cessent les inégalités et discriminations à leur égard. La lutte durera près de vingt ans avant que les Blancs n'acceptent de céder leurs privilèges et de faire de l'Afrique du Sud un pays démocratique. L'apartheid sévit dans le pays depuis les premiers jours de la colonisation européenne, mais ce n'est qu'en 1950 qu'une loi impose officiellement la classification de la population en groupes raciaux. Désormais, chaque citoyen doit avoir sur lui sa carte d'identité sur laquelle figure son appartenance raciale. Partout, dans la ville, à l'école, au travail, deux systèmes cohabitent et ils sont nettement plus favorables aux Blancs. Les Noirs sont parqués dans des ghettos. Ils n'ont droit qu'à une éducation limitée et ils n'ont évidemment pas accès aux emplois les mieux rétribués. Face à cette attitude discriminatoire du gouvernement blanc d'inspiration néo-nazie, un parti noir tente de résister, l'African national congress (ANC) qui compte dans ses rangs quelques fortes têtes dont Nelson Mandela.
Je reprendrai la lutte contre ces injustices
Arrêté en 1962 pour avoir incité quelques congénères à faire grève, Mandela restera derrière les barreaux pendant vingt-sept ans. Entre-temps, la population noire a durci sa résistance. Elle a multiplié les actions de boycottage des institutions administratives et des services municipaux. La violence a aussi souvent pris le dessus sur les démarches pacifiques, faisant de nombreux morts dans les rangs noirs. Par ailleurs, la pression internationale se fait de plus en plus grande pour que le gouvernement infléchisse sa position. En 1989 enfin, Frederik De Klerk prend les rênes du pays. Alors qu'il avait par le passé défendu l'apartheid, il se dit aujourd'hui favorable à un programme de cohabitation égale et pacifique des communautés noire et blanche. Mandela est libéré le 11 février 1990. Il l'avait promis lors de son procès en 1962 : « Quel que soit le verdict, la Cour peut être assurée qu'après avoir purgé ma peine, je continuerai d'écouter la voix de ma conscience. Je serai toujours bouleversé par la haine raciale et je reprendrai la lutte contre ces injustices jusqu'à ce qu'elles soient définitivement abolies ». L'homme tient sa promesse. Travaillant main dans la main avec De Klerk, le leader de l'ANC parvient à faire abolir les lois ségrégationnistes en juin 1991.
La population noire d'Afrique du Sud manifeste pour dénoncer la ségrégation dont elle est victime. Le 4 septembre 1976 à Cape Town, des manifestants sont tués par la police.
Archives AFP











