Le 16 octobre, les pays de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) décident une augmentation du prix du pétrole de 70 à 100 %. Deux mois plus tard, l'or noir subit à nouveau une hausse du même ordre. Au total, le prix du baril a quadruplé en quelques semaines. Créée en 1960 par l'Arabie Saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweit et le Venezuela, l'Opep a pris une place de premier choix dans l'économie mondiale. D'abord parce que l'utilisation du pétrole s'amplifie dans tous les secteurs de la vie. À la base, il sert de combustible pour l'éclairage. Puis son usage est étendu aux transports routiers, aériens et maritimes, aux centrales thermiques et enfin, il permet une production d'énergie pour l'industrie et la chimie. En résumé, l'or noir est devenu indispensable. Cette forte augmentation va donc miner les systèmes économiques des pays importateurs dont la France fait partie. L'Opep s'étant agrandie en accueillant tour à tour la Libye, le Nigeria, l'Indonésie, les Émirats arabes unis, l'Algérie, le Qatar, le Gabon et l'Équateur, l'organisation pèse d'un poids important. Pour la première fois, ces pays possèdent une monnaie d'échange et un moyen de pression sur le plan mondial. Ils s'en servent. Car les raisons de ce premier choc pétrolier sont éminemment politiques.
Le pétrole, une arme politique
Dans les mains de l'Opep, le pétrole est cette année une arme politique contre les pays qui aident Israël dans la guerre du Kippour. Les États-Unis et les pays importateurs sont alors menacés d'un embargo. Ces hausses subites et répétées ne sont que la réaction des pays de l'Opep à la guerre israélo-arabe. Quelques années plus tard, en 1978, la grève des travailleurs du pétrole, le rejet de l'Arabie Saoudite des accords de Camp David signés entre Israël et l'Égypte, puis la guerre Iran-Irak conduiront au second choc pétrolier mondial. En France, cette soudaine augmentation marque la fin des « Trente glorieuses », le début des années de crise. Le pays dépend alors à 77 % du Moyen-Orient pour son approvisionnement en pétrole. Le déficit de l'Hexagone se creuse et l'équilibre de la balance commerciale est impossible à tenir. Aussi, le gouvernement va-t-il lancer une nouvelle politique énergétique, plus diversifiée, pour ne plus dépendre que d'une source. La France va intensifier son programme de construction et de développement de centrales nucléaires et hydroélectriques. Elle accusera encore le coup lors du second choc pétrolier, mais dans une moindre mesure.
La forte augmentation du prix du pétrole va miner les systèmes économiques des pays importateurs. Le choc sera bien évidemment ressenti en France.
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