Fin novembre, Pierre Messmer, le Premier ministre venu en voyage officiel à Strasbourg, accepte de recevoir mineurs et représentants syndicaux des Mines de potasse d'Alsace et parvient à un accord avec eux. Les MDPA ont en France un statut particulier : elles dépendent directement, pour leur gestion, du gouvernement. La grève des mineurs de potasse alsaciens s'achève le 27 novembre, après cinq semaines de conflit qui ont laissé des séquelles financières, mais aussi morales. Le mouvement a été déclenché sur la base de revendications salariales qui ont finalement été satisfaites.
Moins compétitif sur le marché mondial
Les « mineurs blancs » reprennent alors le travail, retrouvant le chemin des puits, des fosses et des établissements auxquels ils sont liés, certains depuis plus d'un demi-siècle, depuis qu'accidentellement, quelque part au nord de Mulhouse, on a découvert de la potasse alors qu'on cherchait du pétrole. Soixante-dix ans se sont écoulés au cours desquels, toute une région, douze communes, ont été marquées profondément par l'existence, dans leur sous-sol, d'un minerai indispensable à l'évolution de la culture. Mais aujourd'hui, les mineurs s'inquiètent particulièrement de leur avenir dans la mesure où le bassin potassique est de moins en moins compétitif sur le marché mondial. Dans les années 1950, il faisait encore bon travailler dans les mines de potasse d'Alsace. Les mineurs figuraient parmi les ouvriers les mieux logés et les mieux payés de la région. Les cadres, outre une maison particulière, bénéficiaient des services d'un jardinier. Les mines s'occupaient de tout, pourvoyaient à tous les besoins (école, sport, soins, sécurité sociale). Mais peu à peu, on prend conscience que la source se tarit, que les gisements s'épuisent et qu'il va falloir envisager une réduction de l'activité. De 1956 à 1966, le nombre de salariés passe de 13 124 à 10 857. On n'embauche plus. Les services annexes ne sont plus assurés par les mines et les écoles, notamment, sont reprises en main par les communes. Les heures de gloire des MDPA sont derrière elles. Et chacun des mineurs le sait.
Un conflit de cinq semaines. À l'origine : des revendications salariales.
Jean-François Frey











