Le Mouvement de libération de la femme (MLF) a vu le jour en 1969. Ce groupe d'activistes féministes s'appuie sur la vie privée pour mettre en exergue l'inégalité des conditions féminines et masculines. Il remet ainsi en question les rapports entre les sexes. Ses membres enchaînent les coups d'éclat en déposant sous l'Arc de triomphe des couronnes « À la femme du soldat inconnu » ou en écrivant qu'« Un homme sur deux est une femme ». La révolte des femmes est en marche, mais elle fait peur. Aussi le MLF est-il souvent enfermé dans une imagerie négative : guerre des sexes, misandrie, transgression des rôles sexuels, hystérie, violence…
Le manifeste des 343 salopes
En 1971, Simone de Beauvoir a rédigé un texte paru dans les colonnes du Nouvel Observateur, au travers duquel 343 femmes disaient haut et fort qu'elles avaient eu recours à l'avortement. C'était « le manifeste des 343 salopes », signé par de nombreuses personnalités, dont Catherine Deneuve, Marguerite Duras, Jeanne Moreau, Agnès Varda… Le texte disait ceci : « Un million de femmes se font avorter chaque année en France. Elles le font dans des conditions dangereuses, en raison de la clandestinité à laquelle elles sont condamnées, alors que cette opération, pratiquée sous contrôle médical, est des plus simples. On fait silence sur ces millions de femmes. Je déclare que je suis l'une d'elles. Je déclare avoir avorté. De même que nous réclamons le libre accès aux moyens anticonceptionnels, nous réclamons l'avortement libre ». Les femmes prennent leur destinée en main, qu'on se le dise. Cette année, un nouvel événement fera grand bruit dans l'histoire de la lutte féministe : c'est ce qui est resté dans l'histoire sous le nom du procès de Bobigny. Marie-Claire, une jeune fille de 17 ans est assignée devant la Justice pour avoir avorté alors qu'elle était enceinte à la suite d'un viol. La jeune fille est acquittée. Ce faisant, la Justice française reconnaît que la loi de 1920 qui condamne l'avortement est obsolète.
À travail égal, salaire égal
Cette année est marquée enfin par le vote d'une loi qui stipule que pour un travail égal à celui d'un homme, la femme doit toucher le même salaire. On sait que dans les faits cette loi n'est toujours, et de loin, pas appliquée partout, mais la démarche est là, positive, et des actions sont réellement entreprises en faveur des femmes, pour elles souvent, mais aussi par elles, ce qui est nouveau. Louis Aragon a écrit : « La femme est l'avenir de l'homme ». Peut-être avait-il raison ou peut-être avait-il tort. Toujours est-il que la femme des années 1970 peut désormais participer au débat.
25 novembre 1972 : un millier de femmes manifestent à Paris. Elles exigent « l'avortement et la contraception libres et gratuits ».
AFP











