Un journaliste du Figaro écrit le 7 septembre 1972 : « Les jeux peuvent continuer pour la plus grande satisfaction des chapelles : ils sont morts cette nuit, brûlés vifs avec les otages ». En quelques mots, le reporter résume ce qui vient de se passer à Munich, deux jours plus tôt. Non seulement des hommes ont perdu la vie, mais les Jeux olympiques ne seront plus jamais tout à fait pareils. Symboles de la paix par excellence, de la trêve mondiale des hostilités pour faire place aux jeux du sport, ils sont maintenant aussi des événements politiques. En refusant de saluer le drapeau américain, des sprinters noirs avaient déjà fait entrer la politique dans l'arène des jeux en 1968. En 1980, les États-Unis boycotteront les JO de Moscou et en 1984, les athlètes soviétiques ne se déplaceront pas à Los Angeles. Il est révolu le temps où le sport ne se pratiquait et ne se regardait que pour sa beauté. La pire des guerres – parce qu'elle ne dit pas son nom – vient de s'y inviter. Et ce qui s'est passé à Munich est, si l'on veut, la parfaite illustration de cette intrusion.
Des forces de police désorganisées
5 septembre, premières heures de la matinée : alors que les Jeux olympiques battent leur plein à Munich, cinq hommes armés s'introduisent dans l'immeuble occupé par la délégation israélienne et la prennent en otage. Pour montrer au monde qu'il ne plaisante pas, le commando abat sur le champ un athlète et un entraîneur. Les ravisseurs font partie d'un groupe terroriste palestinien officiellement créé en 1971, « Septembre noir » qui a choisi cette appellation en souvenir de leurs compatriotes tombés en Jordanie en septembre 1970. L'organisation réclame du gouvernement israélien qu'il libère 150 prisonniers palestiniens, en échange de quoi elle rendra leur liberté aux otages sportifs. L'État hébreu refuse de céder au chantage. Les négociations continuent et à 22 h, le commando quitte l'immeuble avec les otages à bord d'un car militaire, avant de prendre des hélicoptères à destination d'un petit aéroport situé à 80 km de Munich. À l'atterrissage, c'est le carnage. Des policiers sont embusqués partout et font feu à l'aveuglette dès que la tour de contrôle éteint ses lumières. Un des hélicoptères explose. Neuf otages sont tués dont quatre par les policiers allemands et trois terroristes sont abattus. Le lendemain, les Jeux olympiques reprennent après une cérémonie funèbre qui s'est déroulée au stade olympique, en l'absence des délégations arabes et russe. Le monde du sport est meurtri, mais il reste fidèle à sa devise : « Plus haut, plus loin, plus fort ».
Les membres de la délégation israélienne se rendant à la cérémonie organisée en hommage aux victimes de l'attentat.
AFP











