Lorsqu'il accède à la tête du tout nouveau Parti socialiste (PS) lors du congrès d'Epinay organisé du 11 au 13 juin 1971, François Mitterrand n'est pas un inconnu de la scène politique française. Il a alors 55 ans et quelques années de vie publique derrière lui. Mobilisé en 1939, il est blessé et fait prisonnier, mais il parvient à s'échapper lors de son transfert en camps de représailles en 1941. Dès lors, il rejoint les rangs de la Résistance et son engagement politique sera bien évidemment fortement influencé par cette période de sa vie qui façonnera et marquera l'homme.
Député puis ministre
Responsable de l'ensemble des mouvements de résistance des prisonniers de guerre, de Gaulle fait appel à lui en août 1944 pour participer à l'éphémère « gouvernement des secrétaires généraux » en charge de la France, avant que le général ne procède à l'installation du gouvernement provisoire à Paris. En 1946, François Mitterrand est élu député de la Nièvre. Dans les années qui suivent, il va assumer les postes de ministre d'outre-mer au début des années 1950, puis de ministre de l'Intérieur (1954-1955) et de ministre de la Justice (1956). Ayant quitté les sphères du pouvoir, il s'attachera, les années suivantes, à remplir le rôle de premier opposant au tout puissant général de Gaulle. En 1958, lorsque de Gaulle est rappelé à la direction du pays, François Mitterrand dénonce le « coup d'État » qui l'a porté au pouvoir et se lance dans une bataille contre les institutions de la Ve République, mises en place par le général. Ses prises de position radicales éloignent François Mitterrand de la sphère politique pendant un petit moment, avant qu'il ne se présente aux élections présidentielles de 1965 pour lesquelles il parvient à mettre de Gaulle en ballottage (près de 45 % des suffrages exprimés au second tour).
Chef de file de l'opposition
Dès lors, il commence à faire figure de chef de file de l'opposition. Pendant quatre ans, il travaille les partis de la gauche française pour les convaincre de la nécessité d'une union. Mais après le départ précipité de Charles de Gaulle en 1969, cette opposition se présente en ordre dispersé aux élections présidentielles et fait des scores ridicules, y compris Mitterrand. C'est alors qu'il entame à nouveau sa croisade pour l'union de la gauche et c'est ainsi qu'il parvient à s'imposer à la tête du PS au congrès d'Epinay. Il signe quelque temps après des accords avec les communistes et les radicaux, qui lui permettront de se présenter comme le candidat de la gauche unie aux élections présidentielles de 1974.
François Mitterrand, entouré de Pierre Mauroy et de Pierre Joxe, s'exprimant devant les journalistes après son élection au poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.
AFP











