Charles de Gaulle meurt le 9 novembre. Le personnage — et son action — n'ayant jamais laissé personne indifférent parmi ses partisans comme parmi ses détracteurs, nous proposons ici un petit tour d'horizon des réactions suscitées par sa disparition : - « La clarté de sa vision lui permettait de distinguer les grands mouvements de l'histoire au moment où les autres n'apercevaient que les événements du jour » (Richard Nixon, président des États-Unis). - « Il fut le porte-parole, la conscience et la personnification de la France » (le Times, quotidien londonien). - « Il avait stabilisé la paix et l'amitié entre pays voisins, ce qui fut une chose essentielle » (la Frankfurter Allgemeine Zeitung, quotidien de la RFA). - « À l'époque de la myopie atlantique, il fut le premier à rendre à l'Europe les espaces de l'Atlantique et de l'Oural » (Borba, quotidien des Balkans). - « Je rends un sincère hommage à la mémoire du général de Gaulle qui fut un combattant intrépide contre l'agression fasciste et pour la défense de l'indépendance nationale de la France » (Mao Tsé-toung). - « Amant de la France, il a l'État dans la peau et vit dans la peau de l'État. Tyrannique familièrement, il n'était pas despotique sur le plan politique » (Raymond Tournoux, journaliste français).
Sous le glas de Colombey…
- « La conviction qu'il avait d'être la France, d'exprimer sa vérité, d'incarner le moment d'un destin éternel, m'émouvait plus qu'elle ne m'irritait. Je n'ai jamais trouvé risible cette approbation. On ne peut pas aimer la France plus qu'il l'a aimée » (François Mitterrand, opposant socialiste français). Mais c'est à André Malraux, son ministre de la Culture, qu'on doit probablement le plus bel hommage : « Le surlendemain, dans le jour gris des funérailles, je me hâte sous le glas de Colombey auquel répond celui de toutes les églises de France, et, dans mon souvenir, toutes les cloches de la Libération. c…s Ici, dans la foule, derrière les fusiliers marins qui présentent les armes, une paysanne en châle noir, comme celle de nos maquis de Corrèze, hurle : "Pourquoi est-ce qu'on ne me laisse pas passer ! Il a dit : tout le monde ! Il a dit : tout le monde ! " Je pose la main sur l'épaule du marin : "Vous devriez la laisser, ça ferait plaisir au général : elle parle comme la France". Il pivote sans un mot et sans que ses bras bougent, semble présenter les armes à la France misérable et fidèle – et la femme se hâte en claudiquant vers l'église, devant le grondement du char qui porte le cercueil » (Les Chênes qu'on abat, Gallimard, 1971).
La dépouille de Charles de Gaulle a été conduite au cimetière de Colombey-les-Deux-Eglises sur un véhicule blindé.
AFP











