Le 3 décembre, 16 membres de l'organisation séparatiste basque espagnole ETA comparaissent devant le tribunal militaire de Burgos, une ville du nord du pays située dans la région de la Vieille Castille. Ils sont accusés de terrorisme, de l'assassinat d'un commissaire de police, d'attaques à main armée, de propagande et d'activités politiques illégales. Ce procès, largement médiatisé (au moins au début) représente un enjeu de taille pour Franco, le dictateur au pouvoir depuis 1936. Isolé sur la scène internationale, El Caudillo, cherche à redorer le blason de son pays en mal de respectabilité. Le procès démarre dans une atmosphère chargée, très encadré par des forces de police omniprésentes. La cour martiale est composée de six juges. Elle a à sa tête le colonel Manuel Ordovas. Lorsque les auditions débutent, les révélations des accusés plongent observateurs et journalistes dans la stupeur. Ils sont unanimes, décrivant par le menu les sévices dont ils ont été victimes depuis leur arrestation. Leurs aveux jettent le discrédit sur la cour martiale et le pays tout entier. Un vent de fronde commence à souffler au Pays Basque et le monde s'émeut de la situation de ces inculpés, dont la presse se fait l'écho.
Six condamnations à mort
Pour ajouter à la confusion, le consul de la RFA vient d'être enlevé par l'ETA et des menaces de représailles sont proférées en cas de condamnation à mort des prévenus. Pour se tirer d'affaire, le tribunal déclare les témoignages des accusés irrecevables. De surcroît, il décide de poursuivre les débats à huis clos, prétextant un besoin de sérénité pour rendre un jugement. Mais en l'absence de toute publicité, le procureur s'autorise des réquisitoires très durs et demande que six des inculpés soient condamnés à mort. Alors que le consul allemand est libéré le 25 décembre, le verdict tombe le 28, encore plus sévère qu'on ne l'imaginait. Six prévenus sont condamnés à la peine capitale, les autres écopant de peines de prison (de 12 ans à la perpétuité), sauf un qui est acquitté. La presse internationale s'indigne d'autant plus que la procédure prévoit l'exécution des condamnés à mort dans les douze heures. Le clergé espagnol s'adresse directement à Franco, demandant la grâce des inculpés. Le dictateur, craignant de susciter des mesures de rétorsion à l'encontre de son régime s'il n'infléchit pas le verdict, remet les exécutions. Le 30 décembre, après avoir pris de multiples avis auprès de ses conseillers, il décide de commuer les mises à mort en peines de 30 ans de prison.
Devant l'émotion suscitée par le procès des séparatistes basques, le général Franco commua les condamnations à mort en peines de prison.
AFP











