Les 23 et 30 juin 1968, des élections législatives se tiennent en France, qui vont voir déferler une importante vague gaulliste. Au lendemain de l'agitation sociale qui a secoué tout le pays, le réflexe conservateur des Français a joué en faveur du général. Lassés des grèves à répétition qui paralysent tout le pays, les électeurs se rassemblent sous la bannière de l'Union pour la défense de la République (UDR, nouveau nom du parti gaulliste) en qui ils voient la possibilité d'un retour à l'ordre, alors qu'ils considèrent la gauche comme ayant partie liée avec les fauteurs de trouble et qu'ils sont déçus par la mollesse de la réaction des centristes.
Je quitterai le pouvoir si le non l'emporte
Ainsi, au second tour, l'UDR remporte à elle seule la majorité absolue et de Gaulle peut légitimement considérer que la nouvelle Assemblée lui est tout acquise. Mais la victoire n'est peut-être qu'un leurre. D'une part, la nouvelle Assemblée, conformément aux souhaits des électeurs, est plus conservatrice que jamais et n'est certainement pas prête à accepter telles quelles les réformes envisagées par Charles de Gaulle. D'autre part, elle est déçue par le choix du chef de l'État de remplacer Georges Pompidou par Maurice Couve de Murville au poste de Premier ministre et elle lui en tiendra rigueur. Une première réforme sur le mode de gestion des universités est difficilement votée en octobre 1968. Mais déjà un autre projet de transformation pointe son nez. Il est fondé sur le principe de décentralisation et de participation à la gestion par les Régions des forces économiques, sociales et culturelles. Mais il implique un nouveau mode de recrutement des sénateurs et, par incidence, une révision de la constitution. Celle-ci ne peut se faire qu'avec l'assentiment du peuple consulté par référendum. Le général de Gaulle, toujours soucieux de la légitimité que lui confère le peuple, a annoncé ses intentions dès la préparation de l'élection : si les Français se prononcent majoritairement contre cette réforme, il considérera qu'ils disent en même temps leur désaveu de sa politique et il quittera donc le pouvoir.
Pompidou succède à de Gaulle
Le 27 avril 1969, peu avant minuit, le couperet tombe : le « non » l'emporte assez aisément obligeant de Gaulle à se retirer. Alain Poher, président du Sénat, assure l'intérim jusqu'aux élections présidentielles de juin qui permettent à Georges Pompidou de succéder au général, aucun candidat sérieux n'ayant vraiment été en mesure de lui faire face. Charles de Gaulle quitte la scène politique à jamais. Une page essentielle de l'histoire de France vient de se tourner.
Le général de Gaulle votant à la mairie de Colombey-les-Deux-Églises à l'occasion du référendum d'avril 1969. Le « non » l'emportera.
AFP











