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DANS LE MONDE

On a marché sur la Lune

21 juillet, 3 h 56 (heure de Paris) : le cosmonaute américain Neil Armstrong pose, le premier dans l'histoire de l'humanité, le pied sur la Lune et déclare : « Ce n'est qu'un petit pas pour l'homme, mais un bond gigantesque pour l'humanité ». L'événement n'a rien d'anecdotique. Il est l'épilogue d'une longue rivalité américano-soviétique en matière de conquête de l'espace, mais surtout, il montre que toutes les limites du monde ne sont plus des obstacles, qu'elles peuvent sans cesse être repoussées plus loin. La concurrence entre les États-Unis et l'URSS remonte, on le sait, à la période de la guerre froide. En 1957, les Américains essuient un premier revers lorsque les Russes parviennent à expédier Spoutnik 1, le premier satellite artificiel de la Terre dans les airs. Arrivé au pouvoir en 1960, John F. Kennedy promet à ses concitoyens « d'envoyer un homme sur la Lune avant la fin de la décennie ». Dans les deux contrées, recherches, vols et essais vont bon train, mais les Américains avancent plus rapidement, même au prix d'échecs et de drames : le 27 janvier 1967, à l'entraînement, Virgil Grissom, Edward White et Roger Chaffee sont brûlés vifs dans leur cabine.

500 millions de téléspectateurs ébahis

Le 16 juillet 1969, la ténacité et la persévérance des spationautes américains semblent pouvoir être en mesure de donner raison au président défunt. Le vaisseau Apollo 11 décolle de Cap Kennedy avec à son bord Neil Armstrong, Edwin Aldrin et Michael Collins. Le vol se déroule à merveille et même si l'alunissage est critique, il se déroule sans grands encombres. Armstrong et Aldrin faisant fi des heures de repos qui leur sont imposées, enfilent leur combinaison et posent le pied sur le satellite naturel de la Terre. Pendant plus de deux heures, sous les yeux médusés d'un demi-milliard de spectateurs, ils vont recueillir des échantillons de sol, prendre des photos, installer un sismomètre-émetteur, un réflecteur pour renvoyer des signaux laser vers la Terre et une feuille d'aluminium pour piéger des particules de « vents solaires ». N'oubliant pas de signifier au monde sa victoire, le duo de cosmonautes plante la bannière étoilée des États-Unis sur le « terreau » lunaire précisant qu'il est venu ici « pacifiquement au nom de l'humanité tout entière ». Car c'est bien de cela qu'il s'agit, même s'ils n'en prennent pas tout à fait la mesure. Le monde ne sera plus jamais pareil après cette aventure : ni ses frontières, ni ses repères, ni son cadre, ni sa condition et par conséquent ni la nôtre.

Edwin Aldrin photographié sur la Lune par Neil Armstrong.

AFP/Nasa

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Edwin Aldrin photographié sur la Lune par Neil Armstrong.

AFP/Nasa

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