Le 4 septembre : Albert Schweitzer décède à Lambaréné (Gabon) à 90 ans. 90 ans d'une vie bien remplie si l'on considère le travail accompli et le message que l'homme laisse derrière lui. Car on le sait depuis longtemps maintenant, le « grand docteur » a considérablement oeuvré, à Lambaréné, pour la progression de l'accès aux soins des populations gabonaises. Quand, à son retour sur ces terres d'Afrique après la Première Guerre mondiale, il constate que l'hôpital qu'il avait construit tombe en ruine, il le reconstruit.
Le don de soi dans le respect de l'autre
Cinq après, il note que l'établissement est trop petit pour accueillir tous ceux que la famine et la dysenterie jettent dans la rue : il engage ses propres deniers pour l'agrandir. Ainsi, le pécule retiré de son Prix Nobel de la paix obtenu en 1952 lui permet d'ériger le « village lumière » pour les lépreux. Mais la générosité d'Albert Schweitzer ne s'arrête pas là. Conformément à son principe de « l'éthique du respect de la vie » (notre rétrospective 1952), il pratique le don de soi dans le respect profond de l'autre. Son altruisme n'est pas bienveillant, il n'est jamais condescendant, ni impérialiste. Albert Schweitzer n'a jamais considéré son action comme un geste de charité, mais plutôt comme une nécessité inhérente à sa condition d'être humain. Son amour de la musique, sa foi et ses larges connaissances scientifiques l'ont probablement conforté dans cette voie en lui permettant d'une part, de voyager énormément et par conséquent de découvrir nombre de civilisations européennes, américaines, indiennes, chinoises et bien sûr africaines. Partout, son message était le même : chaque population a sa propre logique de développement, nulle part il ne serait convenable d'imposer sa vision du monde. Sauf à vouloir la paix planétaire. Pour chacune des nations et, pour la première fois, en leur nom, Albert Schweitzer avait trouvé la force, en 1957, de défier à la radio les États-Unis et l'URSS, les exhortant à stopper la course à l'arme nucléaire. Ce 4 septembre, l'Alsace a perdu un bel ambassadeur et le monde, un grand citoyen.
Albert Schweitzer : 90 ans d'une vie bien remplie entre son Alsace natale et Lambaréné.
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