Voilà quelques années que le gouvernement américain a mis le doigt dans l'engrenage. Lorsque les accords de Genève qui ont mis fin à la guerre d'Indochine et qui prévoyaient la réunification du Vietnam ont été signés en 1954, ni le Pentagone, ni les Sud-Vietnamiens ne les ont paraphés. Sur le terrain, le Nord est toujours dirigé par le communiste Ho Chi-Minh et au sud, l'empereur Bao Daï a été chassé du trône par Ngo Dinh-Diem qui a instauré une dictature militaire avec l'appui des Américains. Cherchant à tout prix à contenir l'expansion du communisme, la Maison Blanche n'hésite pas à alimenter en dollars, en armes et en conseillers militaires un régime aux antipodes de son idéal démocratique. En 1960, le Front national de libération (FNL) regroupe tous les opposants au dictateur Diem : communistes, marxistes, mais aussi bouddhistes ou libéraux. Lorsque J.F. Kennedy est élu à la présidence des États-Unis, il constate que s'ils sont sept ou huit fois moins nombreux que les forces soutenues par son gouvernement, ces rebelles ont maints avantages : ils ont une foi intense dans leur cause ; ils ont l'expérience de la guérilla et le soutien logistique du Nord. Kennedy décide de quadrupler les effectifs sur le terrain.
Les États-Unis s'embourbent dans le conflit
Cette année 1964 est marquée par l'engagement militaire des Américains qui s'étaient contentés jusque-là d'apporter une aide financière et matérielle. « Les États-Unis considèrent que le maintien de la paix et de la sécurité internationale en Asie du Sud-Est est essentiel pour leur intérêt national et pour la paix du monde ». C'est en ces termes que, le 10 août 1965, le Congrès investit ses « GI's » d'une mission au Vietnam. Tous les coups sont permis et cette guerre sera celle des armes de l'horreur, du napalm aux défoliants. De 1964 à 1968, les combats font rage sans qu'un des camps ne se détache vraiment. La contestation commence à gronder aux États-Unis où la population comprend de plus en plus mal l'obstination de son gouvernement à se maintenir dans cette guerre. Richard Nixon qui a succédé à Lyndon Johnson est en porte-à-faux et cherche une porte de sortie pas trop humiliante. De plus, il prend conscience que cet affrontement est un véritable gouffre financier. Des négociations débutent en 1969 entre les belligérants, mais n'aboutissent qu'en 1973 avec les accords de Paris : les Américains ont 60 jours pour retirer leurs troupes. Des violations du cessez-le-feu, de part et d'autre, repousseront la fin définitive des combats à 1975.
Les Américains considéraient le maintien de la sécurité en Asie du Sud-Est « essentiel pour la paix du monde ».
AFP











