En janvier 1961, les Français ont adopté par référendum le principe de l'autodétermination de l'Algérie. Le chemin vers l'indépendance s'est ainsi ouvert pour l'un des derniers bastions coloniaux de la France. En avril, l'échec d'un putsch fomenté par des militaires français semble lever le dernier obstacle à cette autonomie. Mais la séparation des soeurs ennemies n'est pas si simple.
Plus de 750 attentats en six mois
Dans les discussions entamées dès février, le Front de libération nationale (FLN), mouvement nationaliste algérien, exige d'être le seul interlocuteur du gouvernement français. Il ne veut ni cessez-le-feu préalable, ni garanties pour les Européens, ni abandon du Sahara pétrolifère. De Gaulle cède rapidement sur les deux premières revendications et acceptent les deux autres à la fin de l'année. Qu'importe les méthodes terroristes du FLN, l'urgence est à la résolution du conflit. Mais cette capitulation de la France n'est pas du goût de tous : dans l'ombre, l'Organisation armée secrète (OAS) est défavorable à une l'idée d'une Algérie indépendante. Elle le fait savoir par l'emploi de la force et organise plus de 750 attentats en métropole en six mois. Le 17 octobre à Paris, une manifestation pacifique d'Algériens dégénère et fait plus de 100 morts. La situation est intenable. Au début de cette année 1962, les tractations reprennent enfin dans le Jura, puis à Évian. Elles aboutissent à la signature d'accords le 19 mars, accords qui prévoient le cessez-le-feu, la libération des prisonniers, la rupture avec la France, mais le maintien d'une coopération économique. Les Algériens pourront rester français, les Européens conserver leur nationalité d'origine et prendre la nationalité algérienne. Rien n'est dit, ni prévu pour les autochtones qui ont pris parti pour la France pendant la guerre et qui seront massivement massacrés. L'OAS n'a pas dit son dernier mot et avant même que les accords puissent entrer en application, l'organisation relance une série d'attentats et de crimes en Algérie, cette fois-ci.
99,7 % des votants pour l'indépendance
À cette violence, le FLN répond par… la violence. Les Européens fuient le territoire en masse, ce qui provoque l'échec de la stratégie de l'OAS. Elle accepte de discuter avec le FLN. Le 17 juin, les deux groupes finissent par s'entendre sur l'organisation du référendum prévu par les accords d'Évian. Son résultat est sans appel : le 1e r juillet, 99,7 % des votants se prononcent pour l'indépendance du pays. La guerre d'Algérie a fait entre 230 000 et 1 230 000 morts selon les estimations, dont 30 000 Français.
17 mars 1962 : l'arrivée de la délégation algérienne à l'Hôtel du Parc à Évian, pour la signature des accords sur le cessez-le-feu en Algérie.
AFP











