Jean XXIII, élu pape en 1958, l'avait compris dès le début de son mandat : le monde était en train de changer à une vitesse folle et si elle voulait continuer d'exister, l'Église devait s'adapter. Dès 1959, le souverain pontife avait annoncé à tous les cardinaux et supérieurs religieux de confession catholique sa décision de procéder à des assises oecuméniques : c'est le concile de Vatican II qui débute le 10 octobre. Mais ce type de rassemblement ne s'improvise pas. Deux années de préparation sont nécessaires à la mise en place de ce grand symposium : la consultation d'universitaires des facultés de théologie catholique, des futurs Pères conciliaires, permet de définir les thèmes à aborder. Des commissions rédigent les textes à examiner et établissent règlements et méthodes de travail. Quand s'ouvre le concile, ce sont près de 2 500 évêques qui sont réunis pour le débat et le vote des amendements. Jean XXIII leur rappelle qu'ils ne sont plus amenés à prononcer de condamnations comme par le passé. Toutes les communautés chrétiennes et laïques sont invitées en observatrices. La première session qui se termine le 8 décembre laisse tout le monde sur sa faim : la désorganisation est telle que rien n'a pu sortir de la discussion.
Paul VI succède à Jean XXIII
Jean XXIII décède en juin 1963. Il revient à son remplaçant, Paul VI, la lourde tâche de mener à bien cette évolution et ce changement de la religion. Trois autres sessions suivront, d'octobre à décembre 1963, de septembre à novembre 1964 et de septembre à décembre 1965. Plus ouvertes, mieux préparées, elles débouchent sur un certain nombre de réformes. Pour attirer les pratiquants, le premier texte prône l'abandon du latin comme langue liturgique et lui substitue la langue nationale. Pour la première fois dans l'histoire de l'Église, le ministère et la formation des prêtres sont non seulement évoqués, mais subissent des transformations. Les évêques ont tenu à préciser leur position vis-à-vis des autres confessions chrétiennes et non chrétiennes. Ainsi ils lèvent l'accusation qui pesait sur les juifs, considérés comme responsables de la mort du Christ. Par ailleurs, ils renoncent à la religion d'État. Enfin, un dernier texte s'attache à préciser la place que doit prendre l'Église dans ce monde moderne et conclut à la nécessité d'un dialogue et d'un respect mutuel entre laïques et croyants. L'évolution représente un véritable bouleversement pour la communauté religieuse de l'époque. Elle va même susciter de vives réticences chez les plus traditionalistes.
Le concile, ouvert le 10 octobre 1962, avait été décidé dès 1959 par le pape Jean XXIII.
AFP











