Le match gagné à Roland-Garros contre Andre Agassi a appris une chose à Jérôme Haehnel : les joueurs du top 100, voire du top 10 mondial ne sont ni inaccessibles, ni imbattables pour un anonyme alsacien tel que lui. Depuis, il aborde ses matches sans se poser de questions, et surtout sans aucun complexe. « Depuis le mois de mai, j'ai joué à plusieurs reprises contre des joueurs du top 100. Je sais désormais que ce qu'ils font n'est pas monstrueux, que je peux les accrocher et même les battre, reconnaît le Mulhousien. C'est pour ça que je ne suis pas trop étonné d'avoir battu Jose Acasuso au 1e r tour ici ». Pour son premier match sur dur indoor de la saison, l'Argentin a en revanche été étonné de se voir malmené de la sorte par le 182e joueur mondial. A 4-3 pour Haehnel, après « une double faute et une connerie » d'Acasuso, le Mulhousien sautait sur la première balle de break venue pour prendre les devants et remporter la manche 6-3.
Un ami au 2e tour
Dans le 2e set, le Haut-Rhinois n'était pas plus inquiété sur son engagement. « Depuis le début du tournoi, je sers bien et je tiens bien du fond. Je joue juste et bien », confirme le « Djé », qui se voyait offrir une nouvelle balle de break à 5-5. « Acasuso joue une balle trop longue, elle est annoncée "faute", mais l'arbitre corrige la décision du juge de ligne et fait rejouer le point, raconte Haehnel. Acasuso gagne finalement son jeu de service et là, je me dis que ça va être compliqué de finir le match, que ça peut tourner. Mais finalement, j'ai bien joué jusqu'à la fin du tie-break et j'ai réussi à passer ». S'il ne craint pas les « cadors », Jérôme Haehnel redoute en revanche le 2e tour du tournoi mosellan qui le verra opposé à Marc Gicquel, 166e mondial. Et pour cause : les deux Français se sont affrontés à trois reprises cette saison, Gicquel l'emportant à… trois reprises. « Les deux premières fois, j'avais mal joué, se souvient l'Alsacien. La troisième, j'avais été meilleur et j'avais perdu de peu. Non, ce qui m'embête, c'est qu'avec Marc, on s'entraîne tout le temps ensemble, on est bons potes. J'aurais préféré largement rencontrer un Dupuis ou un Paul-Henri Mathieu ou n'importe quel Français du top 100 que je n'ai pas l'habitude d'affronter, plutôt que Gicquel. Ce ne sera pas évident, mais tant pis… »
Cinq matches en cinq jours
Pas pressés de s'affronter, les deux compères issus des qualifications avaient une bonne raison de râler hier : leur match du 2e tour est programmé pour aujourd'hui, ce qui leur fera cinq matches disputés en cinq jours. « C'est fou, on joue le 1e r match de la journée alors qu'on n'a pas arrêté depuis samedi ! rouspète le Mulhousien. Les gars qui entrent directement dans le tableau, ils peuvent tout demander. Mais nous, les qualifiés, les organisateurs n'en ont rien à f… » Les gars du tableau final n'ont qu'à bien se tenir : les qualifiés ont bien l'intention de faire souffler un vent de fronde sur l'Open de Moselle !
Large vainqueur hier du 67e joueur mondial, Jérôme Haehnel craint bien davantage son compatriote et ami Marc Gicquel, 166e à l'ATP.
PhotoPQR/Le Progrès/Pierre Augros











