Le 8 janvier, Fidel Castro marche sur La Havane, à la tête de quelques centaines de guérilleros. Il remporte enfin le bras de fer qu'il a engagé six ans plus tôt avec ses compagnons contre le dictateur Fulgencio Batista. En 1953, le despote, soutenu par les États-Unis, laisse libre cours aux trafics mafieux en tous genres et pratique répression et torture sans merci. Révoltés par ces pratiques, une poignée d'ouvriers et d'étudiants, emmenés par Castro, tentent de déstabiliser Batista en prenant d'assaut, le 26 juillet, la caserne de la Moncada, à Santiago. Une fois encore, la rébellion est réprimée dans le sang. Castro est arrêté, condamné à quinze ans de prison, puis gracié. Le meneur s'exile au Mexique d'où il fomente un projet révolutionnaire pour libérer son île du joug dictatorial. En 1956, une centaine d'insurgés accostent sur la côte cubaine de l'Oriente. Accueillis par l'armée, ils sont massacrés, à l'exception d'une dizaine d'entre eux, qui trouvent refuge dans la sierra alentour. Peu à peu, ces hommes, qui ont juré de ne plus se raser jusqu'au renversement de la dictature, sont rejoints par certaines franges de la population. Fin 1958, forts de leur nombre grandissant, ces barbus conduits par Castro et ses lieutenants, Ernesto « Che » Guevara et Camille Cienfuegos, investissent la plupart des villes cubaines. Ils contraignent Batista à la fuite.
Le torchon brûle entre La Havane et Washington
Si l'action de Castro fait jusque-là l'unanimité, peu de Cubains connaissent son programme politique. De fait, le leader refuse toutes les étiquettes et se présente comme le libérateur du tiers monde. En mai, il engage une réforme agraire qui limite la surface des exploitations à 400 hectares. Cette décision ne fait pas les affaires du voisin américain, largement implanté dans l'île sur les plantations sucrières. Castro passe ensuite un accord commercial avec l'URSS et nationalise les intérêts pétroliers américains. Le torchon brûle entre La Havane et Washington qui instaure un embargo marchand. En 1961, le président Kennedy laisse la CIA organiser l'aventureuse expédition de la Baie des Cochons : armés et encadrés par les services secrets américains, quelque 1600 exilés anticastristes débarquent dans l'île pour renverser son dirigeant. Ils sont bien vite écrasés. Fidel Castro durcit sa politique, resserre les liens avec l'URSS, mais commence à faire des mécontents, y compris parmi ses amis d'hier. Le « Che » dénonce ainsi les agissements du líder máximo et s'enfuit en Bolivie, où il poursuit la « guerre révolutionnaire ». Les habitants de Cuba s'exilent aussi par milliers, vers la Floride. La main de fer de Castro s'en tiendrait-elle à répéter les méthodes de son prédécesseur ?
L'entrée de Fidel Castro dans La Havane après la victoire de ses guérilleros sur les forces du dictateur Fulgencio Batista.
AFP











