Le 11 novembre 1930, Fritz Munch dirigeait, depuis le conservatoire, le premier concert officiel inaugurant Radio-Strasbourg. Cette année, la radio alsacienne fête ses vingt-cinq années d'existence. Dès que le projet est adopté, en 1929, l'émetteur de Brumath sort de terre et la première station strasbourgeoise s'installe… dans une annexe du commissariat central de la rue de la Nuée Bleue. En 1930, il y a, à Strasbourg, cinq revendeurs de « TSF»; deux ans plus tard, ils sont 35 ! Le nombre d'auditeurs déclarés à la veille de la guerre dans la région s'élève à 150000. Des cartes postales montrent que Radio-Strasbourg est écoutée partout dans le monde, du Japon à la Nouvelle-Zélande.
Dix heures par jour
Avec le retour de l'Alsace sous le joug allemand, les affaires se compliquent. Les hommes de la propagande hitlérienne ont bien compris la valeur de cette nouvelle arme radiophonique. Ils subtilisent habilement des tranches horaires au journal parlé strasbourgeois, mais celui-ci résiste. Après-guerre, la station reprend ses droits. Pour ce qui est de la programmation, en français et en alsacien, les journalistes bénéficient d'une situation privilégiée. Radio-Strasbourg a un temps d'antenne de dix heures par jour, contrairement à la plupart des stations régionales qui ne « décrochent » que pour des infos ou un magazine local. Elle peut se permettre de programmer des émissions pour les enfants («Junior Magazine », « Le lutin Zoupy»), pour les femmes («Chronique Beauté » de Jeanne Erb), pour les anciens combattants («Voix des anciens combattants » de Robert Greiner). Mais aussi de l'information locale et de service, avec Éric Hurel ou Jacques Moreau, des émissions littéraires et sur les arts («Plaisir des arts » d'Antoine Fischer, « Entretien sur le livre » de Camille Schneider). Pour la musique, Radio-Strasbourg met en avant son orchestre, dirigé par Victor Clowez. La musique classique s'offre une place de choix dans la grille de programmation, mais la musique alsacienne et la variété allemande, très prisées des auditeurs, ne sont pas en reste. Radio-Strasbourg changera plusieurs fois de nom, avant de devenir France Bleu Alsace.
Autour des micros de la radio strasbourgeoise.
DR











