Le 1e r novembre 1954, jour de la Toussaint, les rebelles algériens du Front de libération nationale (FLN) de Messali Hadj frappent simultanément en 70 endroits, visant bâtiments administratifs et colons français. La réaction française ne tarde pas. Le président du Conseil, Pierre Mendès France, et son ministre de l'Intérieur, François Mitterrand, réaffirment l'appartenance de l'Algérie à la France. Les forces de l'ordre sont renforcées, pour une mission de « pacification » du territoire. Parachutistes et colons mènent des représailles dans les villages. Très vite, les réseaux du FLN sont en grande partie démantelés.
Massacre dans le Constantinois
Dans un souci d'apaisement, le gouvernement a cependant nommé Jacques Soustelle, qui passe pour « libéral », au poste de gouverneur général de l'Algérie, avec pour charge de réformer le pays. Mais en 1955, les événements prennent une autre tournure. Pour empêcher les réformes et lare prise du dialogue entre colonisés et colons, les rebelles du FLN encore actifs organisent une insurrection dans le Constantinois. Les quartiers européens sont attaqués ; une centaine de personnes sont tuées. La réaction des Occidentaux fera, elle, plus de 10000 victimes. Le fossé se creuse inéluctablement entre les deux communautés et le chemin vers la guerre semble inévitable. L'état d'urgence est proclamé. Grâce à l'appel du contingent et au retour des soldats d'Indochine, l'armée française compte bientôt 400000 hommes en Algérie. C'est cette situation que doit affronter, en 1956, le gouvernement dirigé par le socialiste Guy Mollet, après la victoire du « Front républicain » (constitué avec les radicaux de Mendès) aux législatives de janvier. Durant la campagne électorale, Guy Mollet avait annoncé sa volonté de « mettre fin à une guerre absurde ». Dès son accession au pouvoir, en février, il table sur l'engagement de nouvelles réformes et remplace Soustelle par un ministre résidant en Algérie, le général Catroux. Mais le 6 février, lors d'une visite à Alger, Mollet est accueilli par de violentes manifestations. Il fait alors machine arrière, s'engageant dans une politique répressive et refusant toute solution négociée avant la conclusion d'un cessez-le-feu. Paris acceptera de discuter du sort de l'Algérie seulement avec des interlocuteurs démocratiquement élus, et non avec les insoumis du FLN.
Une solution pacifique introuvable
Catroux est à son tour remplacé par Robert Lacoste qui va laisser faire l'armée et les pieds-noirs. En mars, Guy Mollet fait voter la loi des pouvoirs spéciaux, qui légalise la répression la plus violente. Les effectifs militaires déployés sur place sont doublés en six mois. En octobre, l'arrestation de plusieurs dirigeants du FLN met définitivement un terme à la possibilité d'une solution pacifique. Avec son cortège d'attentats, de représailles et de tortures, la guerre d'Algérie ne prendra fin qu'en 1962.
Les parachutistes français sur l'aéroport d'Alger.
AFP











