À 77 ans, ce 10 décembre, Albert Schweitzer se voit décerner le prix Nobel de la paix. Né en 1875 à Kaysersberg, le jeune homme poursuit ses études dans la région. Il est très bon musicien et prend des cours d'orgue et de piano chez Eugène Munch. Le bac en poche, l'adolescent débarque à Strasbourg, où il fait son service militaire et entame des études de philosophie et de théologie. À l'âge de 25 ans, Schweitzer est déjà docteur dans ces deux disciplines et devient pasteur à l'église Saint-Nicolas. Il a décidé que, dès son trentième anniversaire, il consacrerait sa vie aux personnes défavorisées. Cette nature altruiste et les précédents enseignements qu'il a suivis le poussent vers la médecine, dont il sera diplômé quelques années plus tard.
L'Afrique au coeur
En 1913, il se marie avec Hélène Bresslau, de quatre ans sa cadette. Son épouse, toute dévouée aux mêmes causes que lui, sera pour beaucoup dans son entreprise de soutien aux Africains. Dans le même temps, alors qu'il s'interroge sur la décadence du monde environnant, lui vient une idée, un concept: celui du «respect de la vie». «L'homme n'est éthique que lorsque la vie en elle-même, aussi bien celle des plantes que celle des animaux, lui est sacrée, comme celle des hommes, et lorsqu'il se dévoue pour porter aide à une vie qui est en danger. Seule l'éthique universelle d'une vie qui se sent démesurément responsable à l'égard de tout ce qui vit peut se justifier en pensée», écrit-il. En 1917, le premier hôpital des époux Schweitzer sort de terre à Lambaréné, au Gabon (à l'époque l'Afrique-Equatoriale française). Il soigne 2000 patients dès la première année. Interné en France durant la guerre (il est citoyen allemand), il ne revient à Lambaréné qu'en 1924, pour s'y installer définitivement: il réaménage son établissement, pour y accueillir, notamment, trois cents lépreux. Il mourra en Afrique en 1965. Auteur d'essais philosophiques et musicologiques, Albert Schweitzer n'a cessé, tout au long de sa vie, de mettre en application ce que tant de grands humanistes n'ont fait que prêcher.
Décembre 1952 à Oslo : la remise du Prix Nobel à Albert Schweitzer (à gauche). Au centre : son épouse.
AFP











