Saisie une nouvelle fois par l'avocat d'Adil Lahboub, la chambre de l'instruction de Besançon a donné hier un avis favorable à la demande de mise en liberté. Mis en examen et incarcérés en juillet dernier pour l'assassinat d'Anissa, Adil, le frère et Saïd, le père ont toujours clamé leur innocence et demandé leur libération. Invoquant « le faisceau de charges » réuni contre les deux hommes et l'instruction toujours en cours, le juge, puis la chambre ont jusqu'à présent répondu par la négative.
Le père toujours détenu
Mais désormais, l'instruction touche à sa fin. Les principaux actes, auditions, confrontations, expertises, ont été réalisés. Difficile donc pour les magistrats bisontins d'invoquer comme ils l'ont fait en août dernier pour justifier le maintien en détention, « la préservation de la quiétude des investigations ». Cet argument, développé hier à huis clos devant la chambre par Me Uzan, a trouvé un écho favorable chez l'avocat général Richarté, qui ne s'est pas opposé à la mise en liberté d'Adil. Il a donc pu quitter la maison d'arrêt dans l'après-midi. Le cas de son père, toujours détenu, devrait être à son tour examiné lors de l'audience de la semaine prochaine. Une décision appréciée comme il se doit par Me Patrick-Victor Uzan, avocat de la défense associé dans cette mystérieuse affaire criminelle au très médiatique Me Gilbert Collard.
Expertise favorable
Devant la chambre, le bâtonnier de Dole s'est référé aux analyses de la cordelette, d'un sac plastique ou du papier adhésif ayant servi à emballer la malheureuse victime. Des objets d'emballage qui ressemblaient fort à d'autres utilisés dans l'enceinte des usines Peugeot où travaillait justement le père. Les enquêteurs n'avaient pas manqué de faire la relation et de retenir cette coîncidence possible comme un élément à charge contre les deux hommes. Or, les résultats récents montrent, selon l'avocat, que « ces entraves ne correspondent pas aux produits effectivement utilisés dans l'usine ». Cet élément matériel écarté, il ne reste plus guère, selon lui, dans le « faisceau de preuves » que des « élucubrations » sur le comportement de la famille après la disparition d'Anissa. En juillet dernier, il avait également jeté le doute sur un autre élément à charge contre Adil. L'expertise ADN de trois poils découverts sur les restes du corps de la victime concluait qu'ils provenaient de personnes « ayant la même mère qu'Anissa ». L'avocat avait relevé qu'ils pouvaient donc aussi appartenir à la jeune fille elle-même. Petit à petit, l'écheveau de l'accusation autour de la piste familiale s'étiolait et la décision rendue hier à Besançon semble bien le confirmer. La défense a d'ores et déjà annoncé son intention de réclamer un non lieu.











