Quel apport peuvent offrir les jumelages entre des villes d'Europe dans une réflexion à la fois patrimoniale et culturelle ? Ludwigsbourg, la ville jumelle du Bade-Wurtemberg en Allemagne, a éclairé le propos à l'occasion du 300e anniversaire de sa fondation. Un événement double ; d'une part au travers d'un atelier d'artistes en résidence. De l'autre, au travers d'une conférence internationale baptisée « Des axes au travers de l'Europe ». Représentant la ville de Montbéliard, une délégation, emmenée par Maryse Beaupied, adjointe au maire chargée du tourisme et des relations internationales, a participé aux échanges alors que, vendredi soir, Louis Souvet a reçu, sous les ors du château des ducs de Wurtemberg, la médaille d'honneur de la ville de Ludwigsbourg, « pour la place de la Cité des Princes dans le rapprochement franco-allemand ».
Chaos, ordre et technicité
A Montbéliard, l'art et le patrimoine font bon ménage avec, tout d'abord, le musée des Ducs de Wurtemberg implanté dans le château de ces derniers. Bernard Fauchille, directeur des musées de Montbéliard, a aussi situé cet enjeu, en parallèle avec l'autre musée de l'hôtel Beurnier-Rossel et la scène nationale à l'hôtel de Sponeck. Le conservateur a ainsi décliné, devant les participants au symposium, le nouveau concept de création qui préside aux destinées de son établissement : « chaos, ordre et technicité ». Car cette Europe culturelle est aussi celle des projets à Montbéliard et Maryse Beaupied a rappelé le prochain rendez-vous du premier festival organisé autour de la voix. Une chorale de Ludwigsbourg devrait y participer. Des rencontres, plus informelles celles-là, auront également lieu entre des artistes de Montbéliard et la ville jumelle.
L'exemple franco-allemand
Le maire de Ludwigsbourg, Werner Spec, souligne pour sa part la richesse de tels échanges vers une « fécondation mutuelle des domaines artistiques dans le contexte d'une richesse culturelle incroyable en Europe ». Le premier magistrat allemand souhaite aussi mettre l'accent sur ces travaux « en réseau » autour des villes partenaires. L'idée d'une charte des jumelages, lancée par Maryse Beaupied, a fait aussi son chemin à Ludwigsbourg. Les représentants des délégations ont travaillé sur le sujet et un texte commun va être proposé. Tout ceci pour souligner le fait que l'élargissement européen est un des grands défis politiques et aussi culturels du moment. Le professeur Frank Baasner, directeur de l'Institut franco-allemand de Ludwigsbourg, a mis l'accent quant à lui sur la nécessité de poursuivre cette coopération franco-allemande, arguant que le « défit européen ne peut être relevé qu'au travers des acquis de l'expérience franco-allemande et du bilatéralisme ». « Est-ce que l'on peut finalement transférer cet exemple et cette façon de travailler aux autres pays de l'élargissement européen ? », s'interroge le directeur de l'Institut franco-allemand. C'est finalement tout l'enjeu de ces rencontres autour des axes qui feront l'Europe de demain.











