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Le
nouveau Discovery est arrivé. Confirmation, Land
Rover raisonne désormais haut de gamme.
6
nouveaux produits en 52 ans: Land Rover naime
pas être bousculé, moins de toute façon
que ses admirateurs jamais aussi contents que lorsquils
baroudent dans un univers hostile, là où
le macadam a disparu, où le chemin nest
que plaies et bosses. Enfin, le peu qui sy risque:
moins de 10% des acheteurs sous nos latitudes européennes!
Dernière nouveauté en provenance de Solihull,
le Discovery 3. Autrement dit la troisième mouture
du 4x4 apparu en 1989, entre Freelander et Range, jusque
là 260 000 exemplaires vendus un peu partout
dans le monde, dont un peu plus de 20 000 en France
ce qui nest pas si mal. Le 3? Un mini-Range. Presquaussi
beau, très géométrique, presquaussi
haut de gamme mais hélas nettement plus cher
que le précédent avec un cur de
gamme estimé à 45 000 euros, 10 000 de
plus, rançon dun contenu technologique
largement revu à la hausse. On pense au châssis
actif exploîtant au mieux la nouvelle plate-forme,
au très beau V6 diesel suralimenté de
190 ch dont her majesty the Range herself doit se passer
voire au frein à main électronique.
Bref, pour ce premier Land de lère Ford,
les gens de Solihull ont délibérément
mis les petits plats dans les grands. Le bond en avant
en terme de qualité perçue est spectaculaire,
qui fait du Disco 3 un mini-Range plus quun Defender
endimanché. Belles peintures, assemblage soigné,
accostage pilpoil, jolis matériaux, belle planche
de bord, lengin présente beau et il est
probable que les heureux propriétaires hésiteront
à saventurer loin des sentiers battus,
là où la ronce se fait agressive et lobstacle
sournois. Guère plus volumineux que le précédent
(+13 cm en longueur, à 4,83m), ce Discovery offre
un espace habitable plus conséquent et surtout
plus facilement exploitable: 5 places en deux rangées
ou 7 en trois, sièges rabattables, plancher plat,
Land Rover promet jusquà 2,5 m3 de volume
utile. Cest camionesque.
Cerise
sur le gâteau? Un châssis intelligent...
Côté
technique, le Disco 3 étrenne un châssis
coque-coque intégré actif entièrement
piloté par puces savantes. Principe de base?
On apprécie le terrain à venir (sable,
boue, rochers ou
bitume), on sélectionne
la position idoine via un bouton rotatif sur la console
et lélectronique fait le reste, qui pilote
la suspension pneumatique en conséquence et notamment
la hauteur de caisse. Vraiment très efficace,
quoique le parcours dessais suédois nait
guère été exigeant, ce dispositif
«terrain response» est en option à
1760 euros sur le premier niveau (S) et en série
sur les deux autres (SE, HSE). Bien entendu, le Disco
est un 4x4 permanent bardé daides électroniques
- dont le remarquable système contrôlant
la vitesse en descente - et disposant dune gamme
de vitesses courtes avec blocage de différentiels
(central en série, arrière en option).
Sur route, le sentiment est mitigé: les mouvements
de caisse sont assez prononcés et la direction
manque singulièrement de consistant avec, au
bilan, une curieuse sensation de flou aggravée
par les 2,5 tonnes à emmener et un centre de
gravité haut perché. Un Range est à
cet égard plus satisfaisant.
Sous le capot, deux mécaniques: un V8 essence
4.4 de 299 ch et 425 Nm, superbe de souffle et de moelleux
(nouvelle boîte automatique séquentielle
ZF à 6 rapports exclusivement) et un V6 diesel
2.7 de 190 ch, celui-là même inauguré
sur la Jaguar S-Type mais privé dun des
deux turbos et de A8 ch. Jolie mécanique, discrète
et tonique très à laise ici grâce
à son couple de 440 Nm. On optera pour lautomatisme,
la boîte manuelle 6 manquant de précision
et accrochant un peu trop. Bien entendu, ce diesel devrait
assurer au moins 90% des ventes françaises compte
tenu dune consommation nettement moins gargantuesque,
autour de 11 l contre 16 litres pour le V8. On peut
signer un gros chèque et apprécier de
petites économies...
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Land
Rover dans le vert
Land
Rover va mieux. Près de 8 millions de livres
de profit lan dernier contre 5 millions
de pertes en 2002. Ford, le boss, a le sourire.
Et comme un bonheur ne vient jamais seul, le spécialiste
anglais du 4x4 vient de trouver un terrain dentente
avec ses syndicats lui permettant dassurer
la survie du site historique de Solihull (8000
personnes) accusé par Detroit de manquer
de compétitivité.
Reste à redresser la barre en terme de
qualité - la marque est assez mal notée
sur ce point - mais Didier Pedelmas, le patron
de la filiale française, est confiant:
«Le Discovery 3 prouve que nous sommes en
train de rattraper le terrain perdu dans ce domaine.
Le Range avait déjà montré
la voie et les produits à venir confirmeront
la chose». Deux modèles sont attendus
dici 2006, un Range sportif façon
concept Stormer de Detroit et le nouveau Freelander.
Dans limmédiat, la marque espère
vendre 500 Discovery 3 cette année (lancement
le 5 novembre) et 1600 en 2005 dont 85 à
90% de TDV6 et 70% en version 7 places. Le score
est ambitieux compte tenu de tarifs élitistes
(à partir de 39 700 euros). «Certains
de nos clients auront sans doute du mal à
nous suivre, mais dautres nous reviendrons
grâce à la montée en gamme
du Discovery». Didier Pedelmas mise du reste
sur un taux de conquête de 70% dans un marché
du 4x4 «premium» (plus de 40 000 euros)
estimé à 21 000 ventes annuelles
en France.
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Jacques
Prost
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