Dans le Doubs, l'UMP est doublement veuve, à divers plans. Le conseil général a été tristement étêté, la majorité départementale change de mains, et le conseil régional ne sera plus représenté, à son sommet, par un représentant du plus vaste département de Franche-Comté. Car ici non plus, Jean-François Humbert n'a pas fait la différence, ni le miracle. Raymond Forni, rassemblant une gauche plurielle, y fait, certes, le troisième plus beau score en Franche-Comté, avec 46,37%, mais loin devant le président sortant et ses 38,10%. Jean-François Humbert participera toujours aux séances du conseil régional, avec cinq autres conseillers du Doubs, mais plus sur le plus haut siège. Dans ce département, comme partout ailleurs, on n'a pas eu de pitié pour la politique nationale.
Onze sièges pour la gauche
La participation a été plus forte pour ce second tour, passant de 63,35% à 68,22%, les votes nuls s'étant moins exprimés. Jean-François Humbert a semble-t-il bénéficié des voix de l'UDF, même s'il ne les avait pas appelées de ses voeux: au premier tour, Gérard Faivre avait totalisé 7,36% des voix et le président sortant en comptait 27,14%. Le reste vient peut-être d'un électorat fluctuant du Front National. Quant à Raymond Forni, s'il pouvait tabler sur quelque 10% de suffrages allant aux petits candidats de sensibilité de gauche au premier tour, il a fait le plein de ces voix au second. Dans ce département, c'est surtout le revirement brutal dans l'autre camp qui interpelle, à l'heure où le décès du président du conseil général, Claude Girard, à la veille du second tour, aurait pu fédérer les voix de droite. Mais l'émotion ne l'a pas emporté sur la colère de l'électorat pour la politique du gouvernement, la cause, pour Jean-François Humbert, de la déroute de la majorité dans le Doubs. Sophie Montel, elle, fait son plus mauvais score régional dans son département. Avec 17,76% au premier tour, elle pouvait espérer mieux, même si elle totalise encore 15,53% des suffrages. Sur les 43 sièges que compte l'assemblée franc-comtoise, 19 sont promis au Doubs, et se répartissent à raison de onze pour la gauche, six pour la droite et deux pour le Front national. Six conseillers régionaux sortants reviendront siéger à Besançon: Martial Bourquin, maire d'Audincourt, et Pierre Magnin-Feysot, adjoint au maire du Russey, pour le PS, Jean-François Humbert, Nathalie Oeggerli-Bertin, de Pontarlier et Jean-Claude Duverget, de Besançon, pour l'UMP, et la Montbéliardaise Sophie Montel pour le Front National. Parmi ceux qui feront leur entrée à l'assemblée franc-comtoise, on remarquera Joseph Parrenin, ancien député et maire de Maîche, Denis Sommer, maire de Grand-Charmont, ou encore Marie-Noëlle Biguinet, adjointe aux Affaires sociales de Louis Souvet, à Montbéliard.











