« La mort de Claude Girard était prémonitoire » lâche Louis Souvet. Hier soir, la droite, encore abattue par la mort du président Claude Girard samedi, a tout perdu. La Région et le Département. Le Doubs à gauche ? Dans leurs pires cauchemars, les membres de l'UMP ne l'auraient pas imaginé. Seul Louis Souvet admet que le doute a commencé à le gagner il y a quelques semaines. Mais il est bien le seul. « Je n'avais pas de boule de cristal mais nous sommes les premiers responsables de notre défaite. La droite s'est livrée dans ce département à une guerre fratricide » explique Marcel Bonnot, député UMP de la troisième circonscription. A Rougemont, la droite déchirée fait le lit de la victoire du candidat socialiste tandis qu'à Vercel, la succession de Georges Gruillot se fait dans la douleur et c'est la gauche qui l'emporte. A Pontarlier, la présence inédite fait pencher la balance à gauche. A Etupes enfin, le candidat de l'UMP est sans doute victime d'un contexte local particulièrement défavorable à cause de dossiers locaux gérés par la droite locale. Mais cette explication est un peu courte : la gauche dans ce canton reprend du poil de la bête et le PS a tiré le bon numéro avec Michel Rondot, syndicaliste connu et homme de terrain reconnu qui effectue là un retour. Il fut déjà conseiller général de ce canton de 1979 à 1985. Dans le Doubs, la gauche avait longtemps rêvé de cette victoire. Sans vraiment y croire. Tant le découpage semblait favorable à une droite des champs surreprésentée par rapport à une gauche des villes. Le Haut-Doubs semblait définitivement acquis à la droite.
Claude Jeannerot pressenti au poste de président
Le scrutin d'hier est venu bouleverser près d'un siècle d'histoire. La gauche désormais majoritaire dans le Doubs, affiche un sourire modeste. « Nous avons beaucoup de travail et nous devons le faire avec humilité » confie Pierre Moscovici. Pas question de pavoiser d'autant que la disparition du président Claude Girard est dans toutes les têtes. Le socialiste Pierre Hélias rend un hommage appuyé à cet homme d'honneur qui était pourtant son adversaire. Et à droite, Monique Rousseau a cette phrase : « La mort de Claude Girard relativise le résultat de ces élections ». Jeudi, lors de la première réunion de l'assemblée départementale, Claude Jeannerot, jusqu'alors président du groupe socialiste, est pressenti pour succéder à Claude Girard.











