Le suspense sur ce second tour ne tenait pas tant à la réélection de Jean-Pierre Michel (les résultats de dimanche passé ne laissaient guère de doute à ce sujet) qu'au score que réaliserait, face à lui, le candidat du Front National, François Pouthier, resté seul en face. Et c'est là qu'est apparue la surprise, dans la mesure où, pour la première fois, des voix de la droite dite « parlementaire » se sont reportées sur ce candidat. Certes, on ne peut analyser les choses de façon absolument mathématique puisque, d'un tour à l'autre, on enregistre 219 votants supplémentaires qui constituent une inconnue. Mais quand même : Jacques Duchêne, qui avait obtenu 7,40% des exprimés, appelait à voter pour le maire d'Héricourt ; or, celui-ci réalise 8, 95% de mieux qu'au premier tour. L'appel aurait donc été suivi. De l'autre côté, Jean-Luc Habermacher appelait à ne pas faire élire la gauche, donc… (suivez mon regard). Or, il avait obtenu 14,23%, et la progression enregistrée par le F.N. est de 12,68% : ici aussi, l'appel a été suivi, même s'il y a eu quelques défections. En clair, une large fraction de la droite républicaine, celle qui ne veut pas voter à gauche, ne craint plus, au lieu de se réfugier dans l'abstention ou le vote blanc, de voter pour l'extrême-droite. Ce qui signifie que cette dernière est totalement banalisée et que les électeurs concernés ne voient plus le Front National comme un parti à part, se trouvant hors du jeu républicain, mais comme un parti de droite comme les autres, simplement un peu plus à droite…











