10,59 % d'écart, soit 54420 voix : le nombre de suffrages qui séparent Raymond Forni (PS) de Jean-François Humbert (UMP), au soir de deuxième tour des élections régionales, est au-delà de tout ce qui était imaginable au soir du premier tour. En Franche-Comté, comme dans l'ensemble de la France, la gauche est portée par la vague de contestation à l'encontre de la politique gouvernementale. Raymond Forni ne s'y trompait pas, hier, en réagissant à l'annonce de sa victoire : « Maintenant, il faut être digne de la confiance que m'ont témoignée les Francs-Comtois. Et pour cela, il faut mener une politique qui prenne en compte le plus grand nombre. Je pense en particulier à tous ceux qui sont laissés pour compte sur le bord de la route, aux plus modestes, aux plus déshérités d'entre nous. Il y a donc du travail en Franche-Comté et nous allons nous y atteler. En second lieu, je suis heureux d'accompagner la cohorte des Régions qui ont basculé à gauche. Le signal doit être entendu par le gouvernement et par le Président. S'ils n'entendent pas ce signal, les conséquences seront tragiques. Il faut une autre politique. »
En tête dans les quatre départements
Le maire de Delle profite sans doute d'un excellent report des voix de gauche sur son nom, et sans doute au-delà. De même, il profite de la mobilisation des électeurs, encore plus forte pour ce deuxième tour (68,57 % de votants, contre 63,7%), révélatrice de l'insistance du message que les électeurs ont voulu formuler à travers leur vote. Résultat : la liste menée par Raymond Forni arrive largement en tête dans les quatre départements francs-comtois. Premier d'entre eux : le Territoire de Belfort, où il dépasse les 49 % des suffrages exprimés. Un score qui n'est pas une surprise, le Territoire étant terre d'élection de Raymond Forni et terre de gauche. La Haute-Saône (45,82%) et le Jura (47,10%) ont également voté massivement à gauche. Plus surprenant : le Doubs, plus tourné vers la droite habituellement, a voté à 46,37 % pour la liste PS — Verts. Le Front national perd un peu de terrain entre les deux tours, du moins en pourcentage des voix (17,14 % hier, contre 18, 68 % au premier tour). Il demeure néanmoins fortement implanté dans le nord Franche-Comté, où il réalise ses meilleurs scores : 19,6 % en Haute-Saône et 19,15 % dans le Territoire de Belfort. En répartition des sièges, il gagne deux sièges. Un gain par rapport à l'assemblée sortante, mais pas par rapport à son score de 1998 : le groupe FN a éclaté entre les deux élections, et l'extrême droite perd en fait quatre sièges. Les communistes perdent deux sièges, l'UMP quatre sièges et le CNPT un siège. Le PS en gagne en revanche huit, et les Verts trois, les divers gauche demeurant à quatre sièges. La majorité de gauche dispose donc de 26 sièges, contre 12 à l'UMP. Une situation bien plus confortable qu'à l'issue des élections de 1998, où gauche et droite étaient au coude à coude.











