La gauche s'est bien maintenue, de même que les
élus du centre-droit. En revanche, l'UMP perd un siège. Et,
surtout, Alsace d'abord en gagne un.
DANS LES TREIZE cantons
(sur 14) encore concernés par ce second tour, deux attiraient
particulièrement l'attention, par leur incertitude et leur impact
médiatique: Sainte-Marie-aux-Mines, où le premier tour avait été
emporté par l'Alsace d'abord Christian Chaton, et Saint-Amarin, où
l'ancien président du Département Jean-Jacques Weber avait surgi
comme challenger. Dans le premier cas, le candidat
régionaliste, ancien du Front national (parti qui l'a curieusement
favorisé en le laissant seul dans la vallée), est sorti vainqueur
de la triangulaire. Le sortant, le radical de gauche Jacques Loëss,
avait préféré se désister «pour ne pas porter la responsabilité» de
l'élection de M. Chaton. «Responsabilité» que l'on peut désormais
attribuer au «sans étiquette» Paul Drouillon, qui, hier soir, se
défaussait sur l'UMP… Accueilli hier soir devant les caméras
de France 3 sous les huées de la salle, M. Chaton n'est pas le
premier élu haut-rhinois d'extrême-droite: entre 1994 et 2001,
Gérard Freulet avait porté les couleurs du FN à Mulhouse nord. A
Saint-Amarin, François Tacquard se tire d'une situation qui
apparaissait bien compromise, son réservoir de voix étant sur le
papier très faible en comparaison de celui de J. J. Weber, qui
disposait de celui remis gracieusement par l'UMP Allonas. Mais
aucun vote ne se commande. «Heureusement surpris» il y a une
semaine, Jean-Jacques Weber peut être sincèrement déçu aujourd'hui.
Pour François Tacquard, il s'agit d'un baume au coeur doublé d'un
avertissement: efficace en séance plénière, il sait qu'un important
travail l'attend aussi sur le terrain. Outre Jacques Loëss, un
autre des onze sortants était déjà quasi condamné dès dimanche
dernier: l'UMP Pierre Knittel, à Wintzenheim, auquel les électeurs
ont signifié qu'un cinquième mandat consécutif, à 68 ans, était de
trop. Son siège revient au vainqueur du premier tour, le maire
divers-droite de Wintzenheim Guy Daesslé.
Neuf réélus et cinq nouveaux élus
Rémy With ayant obtenu son billet dès la semaine dernière, les
sept autres sortants encore en lice (Daniel Weber, Jean-Luc
Reitzer, Alphonse Hartmann, Frédéric Striby, Jean-Louis Lorrain et
les deux «présidentiables» Charles Buttner et Michel Habig) étaient
en ballottage favorable. Ils ont tous été réélus. Dans les cantons
sans sortants, le «sans étiquette» Pierre Gsell à Munster et le
divers droite Éric Straumann à Andolsheim ont confirmé leur score
du premier tour; à Kaysersberg, l'unique quadrangulaire, la
bataille des maires a finalement profité à celui du chef-lieu de
canton Henri Stoll (Verts/PS). Comme à Sainte-Marie, l'absence de
désistement a eu son importance; les trois autres candidats qui
s'étaient maintenus pêchaient dans les mêmes eaux de centre droit.
On compte donc neuf réélus et cinq nouveaux élus. Au niveau des
équilibres politiques, un PRG (Loëss) a été remplacé par un
Verts/PS (Stoll), un UDF (J. P. Schmitt) par un divers-droite
(Daesslé), un indépendant (Goerg) par un divers droite (Straumann),
un UMP (Knittel) par un Alsace d'abord (Chaton). Préciser finement
les clivages la nouvelle assemblée reste délicat, plusieurs élus
entretenant un flou artistique sur leurs penchants. Mais ce scrutin
passé, et l'élection jeudi d'un nouveau président appelant une
nécessaire recomposition, les frontières seront redéfinies très
prochainement.