Dans le club très sélect des politiques qui peuvent compter au niveau national, Adrien Zeller a quelque chose d'atypique. Une taille qui trahit la passion du basket. Un côté hyperactif (« agité » diront certains) qui lui fait répondre à votre question avant même que vous l'ayez posée, acquiescer de manière rapide et presque brutale. Une allure un peu distraite alors qu'il est capable de faire un cours magistral sur une quantité infinie de sujets. Une façon de vivre l'instant présent en s'intéressant déjà à celui qui va suivre, qui lui donne l'impression d'être ailleurs alors qu'il est partout. Mais s'il bouge beaucoup, ne rechignant jamais à partir très loin pour n'y rester que quelques heures, c'est pour revenir plus souvent encore à son port d'attache : l'Alsace, et plus spécifiquement Saverne, prophétique porte de la région, où il est né en 1940, où il a commencé sa carrière publique comme conseiller général en 1973, où il fut maire de 1977 à 2001. Ce centriste historique (bien qu'il ait rejoint l'UMP en 2002) grimpa ensuite les échelons quatre à quatre : député, député européen et secrétaire d'État à la Sécurité Sociale, dans le gouvernement de cohabitation de Chirac, entre 1986 et 1988. Mais sa fonction la plus représentative, celle qui s'accorde le mieux avec ses inclinations, est celle pour laquelle il a été réélu hier, résistant (une nouvelle fois de façon atypique…) à la déroute de la droite. Il a conquis la Région en 1996. En 1998, un mois après sa première réélection, il démissionnait de son siège à l'Assemblée Nationale pour se consacrer totalement à cette tâche qui rejoint deux de ses marottes : la décentralisation et l'Europe. Coprésident de l'Institut de décentralisation, il s'est beaucoup fait entendre sur l'acte II mis en chantier par Raffarin, et sans doute regrette-t-il aujourd'hui de ne pas avoir été assez écouté. L'intérêt pour l'Europe vient, lui, de ses débuts, quand, brillant ingénieur agronome, il s'occupe dès 1967 de politique agricole à Bruxelles. Il est aujourd'hui le premier vice-président de l'Association des Régions d'Europe. Homme de dialogue reconnu, il n'ignore cependant rien des stratégies requises pour durer en politique, et ne se prive pas d'en user à l'occasion. Maintenant, il est tranquille ; il vient de remporter un de ses derniers combats et ne reste devant lui que ce qu'il préfère : le travail.











