LA SENSATION JEAN-JACQUES WEBER.- Ce premier tour des cantonales haut-rhinoises a réservé plusieurs surprises. Mais l'une d'elles dépasse les autres par sa portée symbolique : l'ancien président du Haut-Rhin, l'UDF Jean-Jacques Weber, s'est rappelé, à un moment parfaitement choisi, au souvenir de ses anciens collègues. En subtilisant, à Saint-Amarin, la seconde place à l'UMP, il prouve qu'il conserve un réel savoir-faire ainsi qu'une certaine aura auprès d'une partie de la population… et de quelques élus, le maire d'Oderen Francis Allonas se désistant aussitôt pour lui. Dans cette triangulaire, s'il récupère effectivement les voix UMP, il peut espérer l'emporter. Son retour dans l'assemblée n'est encore qu'une hypothèse, et le divers gauche Tacquard, qui s'est imposé en un mandat comme un des leaders de l'assemblée, fera tout pour qu'il le reste mais déjà l'ombre de JJW plane sur la problématique du troisième tour, l'élection à la présidence. Soit on réinstaure une séparation nette entre droite et gauche, soit on persiste à bâtir une majorité transcendant les clivages. Les partisans de la seconde solution (ou plutôt les opposants aux grands bénéficiaires de la première) sont tentés de brandir la perspective d'un grand retour en arrière pour plaider leur cause. LES SORTANTS À LA PEINE.- Sur les onze conseillers sortants en lice, seul un (Rémy With, à Dannemarie) est réélu dès le premier tour (lire ci-contre). Les autres arrivent toutefois en tête, sauf deux qui chutent lourdement : Pierre Knittel (l'un des plus anciens de l'assemblée, avec With), troisième à Wintzenheim, et Jacques Loëss (le plus jeune, puisqu'il n'a été élu qu'en 99), qui a même décidé de se retirer (voir ci-dessous). L'EXTRÊME DROITE : 6 SUR 13.- L'extrême droite est présente dans six de ces 13 seconds tours. On peut supposer qu'elle aurait fait bien mieux si le Front national n'avait dû céder une partie de son réservoir de voix à son ennemi intime, Alsace d'abord. Pourtant, dans deux des trois cantons où le FN était seul (Masevaux et Wintzenheim), il est loin de réaliser ses meilleurs scores (il reste aux alentours de 12 %). À Ensisheim, en revanche, si l'on totalise les voix AA et FN, on atteint 27 %. À Sainte-Marie-aux-Mines, seul canton où le FN était absent, l'Alsace d'abord Christian Chaton est en tête comme en 1999, et améliore même, avec 27,2 %, son score de deux points. Seul candidat d'Alsace d'abord encore en lice, c'est le représentant de la droite de la droite le mieux placé, même si le retrait du sortant lui compliquera la tâche. LA BATAILLE DES CANTONS OUVERTS. Logiquement, les trois cantons sans candidats sortant étaient parmi les plus disputés. À Munster, le maire sans étiquette de Breitenbach, Pierre Gsell, surprend en se positionnant largement en tête. À Kaysersberg, en l'absence de désistement, la droite serait très dispersée face au candidat Verts-PS Henri Stoll. Hier soir, aucun des candidats n'avait envie d'abandonner. À Andolsheim, la situation est plus claire, et le divers droite Éric Straumann, qui avait fait trembler Constant Goerg en 1998, peut de nouveau y croire sérieusement. OÙ IRONT LES VOIX DU MEI ? La gauche n'est présente que dans cinq ballottages, dans des positions peu favorables. Clairement dominée par une droite très éclatée, elle affiche un matelas de voix oscillant entre 15 et 30 % (31 % à Guebwiller, si l'on totalise PS et Verts). Et la question se pose désormais de savoir où iront les voix à la fois écologistes et « ni droite ni gauche » du MEI qui, dans les sept cantons où il était présent, réalise des scores variant entre 5 et 10 %. Ce qui en fait une force d'appoint plus qu'intéressante.











