Neuf listes régionales étaient en lice au premier tour. Six d'entre elles ont été éliminées, dont quatre ont obtenu moins de 5 %. Seul Adrien Zeller, chef de file UMP-UDF (34,06 %), Jacques Bigot, tête de liste PS-Verts (20,12 %) et Patrick Binder, chef de file FN (18,58 %), ont dépassé la barre des 10 % leur permettant de se maintenir au second tour (voir l'infographie ci-dessus). Deux autres listes, celle de Robert Spieler (Alsace d'abord) avec 9,42 % des voix, et celle d'Antoine Waechter (les écologistes) avec 7,40 %, peuvent prétendre fusionner avec une des trois listes qualifiées pour le second tour. Le président du MEI avait annoncé son intention de négocier avec la droite et avec la gauche. Mais, hier soir, l'hypothèse d'une fusion semblait écartée…
Le dilemme de Zeller
« Les inconvénients d'une fusion seraient supérieurs aux avantages », juge le président sortant qui a finalement mieux résisté que prévu dans une conjoncture électorale défavorable à la majorité. Certes, Adrien Zeller partira en pole position dimanche prochain. Il a même amélioré son score dans le Bas-Rhin où il réalise ses meilleurs scores. Seule déconvenue à Strasbourg (lire ci-contre) où il est précédé par Jacques Bigot. De même, tout en étant nettement en tête dans le Haut-Rhin, il ne retrouve pas le nombre de voix des listes UDF-RPR de 1998 et est devancé par la gauche à Soultz et à Thann. Certains de ses colistiers, comme Mariette Siefert, ont défendu un rapprochement avec Antoine Waechter. « Il serait important d'afficher une liste de droite avec une forte connotation écologique », plaide également la députée Arlette Grosskost, tête de la section haut-rhinoise. Adrien Zeller, qui a réuni ses colistiers hier, explique qu'« il n'y a pas de fermeture idéologique ». « Mais qui sacrifier ? » questionne-t-il, en insistant sur « le rassemblement au second tour ». Et d'ajouter : « J'appellerai à voter pour l'intérêt général. »
Le niet de Bigot
« Il est extrêmement difficile de faire une fusion, lorsqu'elle n'est pas préparée », confirme, de son côté, Jacques Bigot, qui devance le FN dans le Bas-Rhin et en Alsace, et améliore son résultat de 1998. Une double satisfaction qui valide sa stratégie d'alliance avec les Verts alsaciens. Or ces derniers ne souhaitent pas d'entente avec Antoine Waechter. « Quand on plaide pour une écologie qui n'est ni de droite, ni de gauche, on ne va pas rechercher une alliance », tranche Jacques Bigot, en rappelant que sa liste est « la seule écologiste ». Ses colistiers, qui se présentent comme « le rempart contre l'extrême-droite », veulent croire qu'« en Alsace aussi le vent du changement peut souffler ». Coiffé sur le poteau par la gauche — mais il reste 2e dans le Haut-Rhin — Patrick Binder (FN) n'a pas retrouvé le score de ses prédécesseurs, alors que globalement l'extrême-droite a progressé.
La main tendue de Binder et le refus de Spieler
Décidé à reprendre la main, il a dès dimanche soir proposé une fusion de listes à Robert Spieler. Offre refusée par ce dernier. « Pour nous, une fusion n'est pas un élément de magouille politique. Ce qui compte, c'est la fusion des programmes et elle est impossible », affirme le président d'Alsace d'abord qui veut « préparer l'avenir ». Et les quatre listes recalées ? Elles affichent toutes moins de 4 %, loin derrière leurs espoirs. Ni la gauche populaire PC-MDC-PRG, ni l'extrême-gauche n'ont retrouvé leurs scores de l'élection présidentielle. Les buralistes de La France d'en bas promettent cependant d'être présents aux prochaines élections. Mais leur audience est limitée. Et que dire des fédéralistes…











