Dans le Haut-Rhin, ces cantonales ont été
difficiles pour les sortants. Et elles ont été marquées par le
retour surprise de l'ancien président Jean-Jacques
Wéber.
LES cantonales étaient
réputées pour offrir une confortable prime aux sortants, a fortiori
dans les zones rurales. Cette fois, la prime est extrêmement
faible. La recrudescence des candidats complique la tâche des
conseillers en place, et ce scrutin se politise, comme les autres.
En 1998, on avait compté six élus du premier tour. En
2001, il y en eut quatre. Là, il n'y en a qu'un : c'est le premier
vice-président de l'assemblée sortante, le « sans étiquette » Rémy
With, à Dannemarie (élu en 79...) qui se passe de deuxième semaine.
Comme il y a six ans, devant la même challenger, Martine Binder,
qui, elle, améliore son score (18 % contre 15 %). Les autres
sortants devront batailler, parfois très durement. Sont possibles
sept triangulaires et deux quadrangulaires. Les deux annoncés comme
« présidentiables », Charles Buttner et Michel Habig, s'en sortent
mieux que d'autres : le premier, à Habsheim, ne devrait pas avoir
de trop de soucis face à la candidate verte, qui a subtilisé la
seconde place à la frontiste ; le second, à Ensisheim, pourra gérer
son avance dans une triangulaire avec le FN (qui fait le très bon
score de 19,16%) et le PS. À Guebwiller, Daniel Weber sera dans la
même configuration. Jean-Louis Lorrain, qui avait la tâche
difficile à Sierentz, s'en sort assez bien. En revanche, la soirée
est très dure pour un autre sortant avec double investiture UMP-UDF
: Pierre Knittel, qui briguait un cinquième mandat, n'est que
troisième dans une triangulaire face à deux divers droite. À noter,
à Munster, l'un des trois cantons sans sortant, le bon coup de
l'inattendu Pierre Gsell : ce petit maire (de Breitenbach) proche
du terrain semble refaire le coup réalisé en 92 par son
prédécesseur Antoine Boithiot. Le sortant le plus mal en point est
Jacques Loëss, radical de gauche, à Sainte-Marie : certes élu le
plus récent (en 99), il n'est que quatrième. La tête revient comme
en 99 à Christian Chaton Alsace d'abord, ménagé par le FN, qui
n'avait pas mis de candidat face à lui. Comme en 98, une
quandrangulaire se profile. Il console Alsace d'abord, toujours
malmené par le FN.
L'Alsace d'abord Christian Chaton confirme
L'autre élu sortant clairement marqué à gauche, François
Tacquard, réalise à Saint-Amarin un score en baisse, même s'il
garde la tête. Mais la surprise vient surtout du score de
Jean-Jacques Wéber. L'ancien président du conseil général crée la
sensation en réapparaissant au moment précis où la présidence est
de nouveau vacante. Sur sa réputation plus que sur son action
récente, il a soufflé la deuxième position à l'UMP Francis
Allonas… qui a surpris à son tour en annonçant dès hier soir
son retrait. Même si François Tacquard garde toutes ses chances
dans une triangulaire avec le FN, le retour soudain de JJW fait
travailler les imaginations... Hier soir, le leader socialiste Jo
Spiegel a mis en avant le risque « d'un retour en arrière, vers une
gestion archaïque » et a plaidé pour une « ligne moderne,
rassemblant différentes sensibilités politiques ». Une façon de
rappeler sa position d'arbitre pour le troisième tour du
1e
r avril, et de laisser entendre une volonté
de favoriser un retour vers un consensus à la Goerg plutôt qu'un
nouveau clivage marqué droite gauche. Qui reste le scénario le plus
probable.